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Chapitre 2 / 3 · 0 %

Maman, c'est trop tard je suis déjà morteChapitre 2

Environ 2 100 signes. Chapitre 2 sur les 3 offerts ici.

Diane était l'héritière d'une grande dynastie bourgeoise, préparée depuis l'enfance à reprendre l'empire familial. Marc, lui, n'était qu'un gars ordinaire issu d'un milieu modeste.

Quand ils sont tombés amoureux et ont voulu se marier, Charles, mon grand-père, est entré dans une rage folle. Il a même menacé de déshériter Diane.

Il a fallu que Marc signe un contrat de mariage en béton armé pour que Charles finisse par céder.

Inès est née pendant la période la plus passionnée de leur histoire.

Elle était le symbole même de leur amour. Mais le drame a frappé : à quatre ans, on lui a diagnostiqué une leucémie.

Diane a remué ciel et terre dans les registres de donneurs, et elle est tombée sur moi. Une gamine de cinq ans dans un orphelinat, compatible à cinquante pour cent pour une greffe de moelle osseuse.

Elle n'a pas perdu une seconde pour m'adopter. Mais son unique but, c'était de sauver Inès.

Comme j'étais sévèrement dénutrie, l'opération a dû être repoussée.

Pendant que Marc restait à l'hôpital au chevet d'Inès, Diane restait à la maison pour me gaver de compléments alimentaires et de plats riches.

Dès que mes constantes ont été jugées acceptables, on m'a poussée vers le bloc opératoire. Terrifiée par les énormes aiguilles scintillantes, j'ai paniqué et j'ai repoussé la main de l'anesthésiste.

Diane, présente dans la pièce, m'a fusillée du regard avec une haine pure.

« Je t'ai sortie de la boue pour que tu paies ta dette. C'est maintenant que ça se passe. »

« Si tu bouges encore et que tu fais du mal à ma fille, je te renvoie croupir dans cet orphelinat sur-le-champ ! »

Morte de peur à l'idée qu'elle m'abandonne, je me suis forcée à ne plus bouger pendant que le produit m'entraînait dans le noir.

L'opération a été un succès. À mon réveil, mon brancard a été placé à côté de celui d'Inès, encore endormie. Diane était penchée sur elle, pleurant de soulagement.

J'étais si faible, si épuisée. J'ai tendu ma petite main vers elle, mais Diane ne m'a offert que son dos, suivant le lit d'Inès qui s'éloignait dans le couloir.

Je me suis rassurée toute seule.

*Ce n'est rien*, me suis-je dit. *Quand elle reviendra, maman m'aimera encore.*