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Épouse-moi plutôt : Dans les bras du pèreChapitre 2

Environ 5 200 signes. Chapitre 2 sur les 3 offerts ici.

Les rares invités encore présents se sont instantanément figés, leurs ricanements coupés net, tournant la tête vers nous sous le choc.

J’ai ouvert les yeux, tout aussi stupéfaite.

Regardant par-dessus l’épaule de mes parents, j’ai vu Vincent Sterling marcher vers moi à grandes enjambées.

Il a sorti sa carte d’identité de la poche de sa veste et l’a agitée devant moi.

« J’ai mes papiers. J’ai aussi prévenu tes parents pour qu’ils servent de témoins. »

« On y va. On va faire officialiser notre union tout de suite. »

Avant même que mon cerveau ne puisse enregistrer l’information, Vincent m’a pris la main et m’a entraînée vers la sortie, sans même me laisser le temps de retirer ma robe de mariée.

J’étais dans un brouillard total jusqu’à ce que l’officier d’état civil nous tende le livret officiel et notre certificat de mariage. C’est seulement là que la réalité m’a rattrapée.

Je venais… d’épouser Vincent Sterling.

J’ai jeté un coup d’œil sur le côté. Il fixait le document entre ses mains, visiblement perdu dans ses pensées.

« Tout à l’heure, vous êtes parti. J’ai cru que vous me rejetiez. »

« Tout le monde se moquait de moi. »

Vincent a levé les yeux vers moi et m’a tendrement ébouriffé les cheveux.

« Je te demande pardon. J’avais tellement peur qu’en reprenant tes esprits tu changes d’avis que j’ai couru récupérer mes papiers au plus vite. »

« Ne t’en fais pas. Je ne te laisserai jamais subir la moindre humiliation. La bague, les cadeaux, la demande officielle, le vrai grand mariage… je te donnerai tout ce que tu mérites. Et à partir de maintenant, plus personne n’osera rire de toi. »

Il a sorti une carte Centurion noire et épurée de la poche intérieure de son costume avant de la glisser au creux de ma paume.

« Prends cette carte. Achète tout ce qui te fait envie. Dès que j’ai bouclé deux ou trois trucs au bureau, je te rejoins. »

« Mon assistant t’a déjà acheté des vêtements neufs. Va te changer dans les toilettes. La robe que tu portes n’est pas à ta taille, et le tissu est atroce. Elle ne te met absolument pas en valeur… la dentelle t’a irrité tout le buste jusqu’au sang. »

J’ai baissé les yeux, remarquant pour la première fois les rougeurs vives et cuisantes sur mes clavicules, là où la dentelle bas de gamme et rêche avait frotté contre ma peau.

C’était Julian qui avait choisi cette robe de mariée pour moi.

Il m’avait soutenu qu’en tant qu’enfant illégitime, il n’avait pas un rond à claquer dans des futilités, et qu’il avait dû jouer de ses relations pour louer cette pièce bon marché.

À l’époque, totalement aveuglée par l’amour, je m’en fichais. Je me disais que du moment que je l’épousais, j’aurais porté un sac en toile de jute avec le sourire.

J’étais restée plantée là dans cette robe trop large et effilochée, émue aux larmes par mon propre dévouement.

Et pourtant, aujourd’hui, la robe que Noémie portait pour remonter l’allée était scintillante, taillée sur mesure et tissée dans la soie la plus pure. Un chef-d’œuvre de haute couture.

Julian n’était pas fauché.

Il refusait simplement de dépenser un seul centime pour moi.

J’ai reniflé, refoulant une soudaine bouffée d’amertume.

Vincent a esquissé un geste pour me réconforter, mais juste avant que ses doigts n’effleurent mon visage, il a marqué une pause et a retiré sa main avec une retenue calculée.

« Sois sage. Ne pleure pas. »

« Sienna, installe-toi au domaine Sterling dès ce soir. Je vais faire virer Julian. »

Je me suis arrêtée net, clignant des yeux derrière mes paupières rougies. « Attendez… ce n’est pas votre fils ? Je sais qu’il est illégitime, mais quand même… »

Vincent a laissé échapper un petit rire étouffé et m’a tendu un mouchoir. « C’est un enfant illégitime de la famille Sterling, pas le mien. »

« Julian est le gosse que mon défunt frère aîné a eu lors d’une liaison extraconjugale. Mon frère est mort il y a des années dans un rodéo urbain illégal. Pour préserver l’image publique de la famille, mon père a prétendu que Julian était mon gosse caché. C’est un secret de famille. Mais maintenant qu’on est mariés, je ne devrais rien te cacher. »

Voilà donc pourquoi Julian se présentait toujours comme un « faux héritier ».

Je le fixais, fascinée, jusqu’à ce que Vincent se penche doucement pour essuyer lui-même une larme qui coulait sur ma joue.

« Allez, plus de larmes. »

« Je dois d’abord régler deux ou trois détails avec tes parents. Une fois que tu te seras changée, mon chauffeur te ramènera chez toi, et mon assistant t’aidera à faire tes valises. On se voit ce soir, d’accord ? »

Il me cajolait comme si j’étais une enfant précieuse.

J’ai hoché la tête. Le temps que je finisse de me changer, Vincent et mes parents étaient déjà partis.

Le chauffeur m’a déposée devant la villa des Vance.

Dès que j’ai poussé la porte d’entrée, j’ai trouvé tous mes bagages bouclés et soigneusement empilés dans le hall.

« Tiens, tiens. Regardez donc qui daigne se pointer… la grande Madame Sterling ! »

Le rire suffisant et venimeux de Noémie a résonné dans l’entrée.

Elle se tenait près de l’escalier, le menton bien haut.

« Tu n’as pas remarqué ? Les femmes de chambre sont passées emballer la moindre de tes affaires. »

« On dirait bien que papa et maman t’ont officiellement virée de la famille ! »