Aller au contenu
Blogrolle FeuilletonRomans en feuilleton

Chapitre 2 / 3 · 0 %

Mon père milliardaire me croyait disparuChapitre 2

Environ 5 200 signes. Chapitre 2 sur les 3 offerts ici.

Je survivais tant bien que mal grâce aux aides de l’université.

J’avais fini par accepter mon sort. Jusqu’au jour où j’avais vu mon père aux informations, sur un écran du campus.

[Philippe Valmont, PDG de Valmont Entreprises, dépense cent millions de dollars pour faire construire une tour de luxe destinée à son fils de six ans, Nathan.]

Pour la première fois de ma vie, un immense sentiment d’injustice m’avait envahi. Les yeux pleins de larmes, j’avais interrogé ma mère.

« Maman, si papa a autant d’argent… pourquoi n’est-il jamais revenu me voir, pas même une fois ?

— Il n’a vraiment pas la moindre affection pour moi ? »

Elle avait ricané. « À ton avis ? Il te déteste plus que tout au monde. »

J’ai vite enfourné le reste de mon riz. Je devais filer à mon prochain travail.

Je venais de décrocher un poste de soutien scolaire pour aider un élève de primaire en anglais et en rédaction.

C’était payé trois fois plus que la plonge au restaurant. Hors de question d’arriver en retard.

Maxime a froncé les sourcils, le regard inquiet.

« Hugo, tu crois vraiment que ton corps va tenir le coup ?

— Tu ne pourrais pas prendre une journée de repos ? À ce rythme, j’ai peur que tu t’écroules… »

Je ne me suis pas arrêté. J’ai continué à ranger mes affaires, tout en toussant parce que j’avais avalé mon riz trop vite. Mon visage est devenu rouge.

Je me suis frappé la poitrine pour faire passer la bouchée, puis j’ai répondu à voix basse :

« Je ne peux pas me reposer, Maxime. Si je m’arrête, comment ma mère va-t-elle vivre ? »

À ces mots, sa colère a éclaté. Il a haussé le ton.

« Ta mère est d’un égoïsme incroyable !

— Comment peut-elle obliger un étudiant de première année à tout payer ?

— Elle se soucie un peu de ta santé, au moins ? »

Je lui ai simplement adressé un sourire las et impuissant. « Je lui dois la vie. »

Depuis toutes ces années, je vivais rongé par la culpabilité.

Sans moi, ma mère ne serait pas aussi malheureuse.

Alors je n’avais pas le droit de me plaindre.

Après avoir pris trois bus différents, je suis enfin arrivé à destination.

C’était une immense villa, nichée à mi-hauteur d’une colline privée de Bel-Air. J’ai dû grimper une pente raide pendant trente minutes pour atteindre le portail.

Un homme d’âge mûr, vêtu d’un costume impeccable — le majordome —, est venu à ma rencontre avec un sourire courtois.

« Vous êtes le nouveau professeur particulier ? »

J’ai essuyé la sueur sur mon front et hoché la tête.

Il m’a conduit à l’intérieur. Le luxe de la propriété m’a laissé sans voix.

Même le golden retriever dans le jardin avait sa propre niche à deux étages, avec climatisation.

Le majordome m’a installé dans un vaste bureau et m’a tendu un verre d’eau glacée.

« Veuillez patienter un instant. Je vais chercher le jeune monsieur. »

J’ai sorti les manuels que j’avais préparés. Avant même que je puisse les poser sur le bureau, un petit garçon a fait irruption dans la pièce.

Il m’a souri, dévoilant deux adorables fossettes.

« Bonjour, monsieur le professeur ! »

J’ai poussé un soupir de soulagement. Alors, les enfants des ultrariches pouvaient être aussi polis. Mon angoisse s’est dissipée.

Je lui ai doucement caressé la tête. « Bonjour. Tu peux simplement m’appeler Hugo. Hugo Valmont. »

Le petit a ouvert de grands yeux, puis s’est mis à sautiller d’excitation.

« Hugo ! Moi aussi, je m’appelle Valmont !

— Je suis Nathan Valmont ! »

Mon sourire s’est aussitôt figé.

Nathan.

J’avais entendu ce prénom aux informations. C’était le garçon pour qui mon père avait fait construire une tour à cent millions de dollars.

L’enfant devant moi était le nouveau fils de mon père.

J’étais chez mon père.

La panique m’a saisi. Je suis resté complètement paralysé, sans savoir quoi faire.

Mes mains tremblaient violemment. Toutes ces années de haine, de chagrin et de sentiment d’abandon ont resurgi d’un coup.

J’avais envie de sortir en courant, de trouver Philippe Valmont et de lui hurler au visage.

Pourquoi m’as-tu traité comme un déchet ? Pourquoi nous as-tu laissés pourrir, maman et moi ?!

Mais la raison a repris le dessus. Si j’agissais sur un coup de tête, il ne ferait que me mépriser davantage.

Et je perdrais ce travail si bien payé.

J’avais besoin de cet argent pour survivre.

J’ai pris une grande inspiration et décidé de faire comme si je ne savais rien. Je me suis assis et j’ai commencé le cours.

Les deux heures ont filé. Nathan était incroyablement sage et très intelligent. Nous nous entendions à merveille, comme de vieux amis.

Il n’avait rien d’un enfant gâté.

Alors que je rangeais mes livres après lui avoir donné quelques devoirs, il m’a soudain tiré par la manche. Il a jeté un regard autour de lui, d’un air conspirateur.

« Hugo, je n’ai pas vraiment d’amis. Tu es mon seul ami !

— Je peux te confier un secret ? »

J’ai cligné des yeux. J’étais surpris qu’un enfant vivant dans un palais n’ait pas d’amis, et plus encore qu’il ait choisi de me faire confiance.

Je me suis accroupi et lui ai caressé la tête. « Bien sûr. Qu’est-ce que c’est ? »

Nathan s’est approché pour me chuchoter à l’oreille :

« En fait, j’ai un grand frère. Papa le cherche depuis des années.

— Mais il ne le trouve pas. Alors, quand je serai grand, je l’aiderai à retrouver mon grand frère ! »

Le vide s’est fait dans ma tête.

« Quoi… Qu’est-ce que tu viens de dire ? »