Le jour de notre mariage, il a choisi de me briserChapitre 2
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Pour ce qui est du billet d'avion qu'Adrien m'avait acheté, je me suis dit qu'il avait simplement voulu faire bonne figure devant son père. Un homme qui me détestait autant n'aurait jamais fait un geste sincère pour moi.
J’ai touché le collier à mon cou.
J’ai fermé les yeux. C'était le seul souvenir qu’il me restait de ma mère. L’héritage des Laroque, transmis de génération en génération. Je ne le donnerais pour rien au monde.
Je l’ai détaché avec précaution, je l’ai rangé dans son écrin de velours rouge, puis je l’ai placé au fond de ma valise.
Je devais décoller le soir même, mais j'ai reçu une invitation officielle par mail.
C'était pour le concert hommage des cinq ans de la mort de ma mère. On m'invitait, en tant que sa fille unique, à venir jouer ses plus grands morceaux au piano.
J'ai hésité. Puis j'ai appelé Alexandre.
— Est-ce que je peux décaler mon départ de deux jours ?
Un silence s'est installé.
— Tu regrettes déjà ?
— Pas du tout, ai-je ri doucement. Mais j'ai un devoir à accomplir avant de partir.
— ...D'accord. Je te fais confiance. Je t'attends.
Une vague de chaleur m'a envahie.
— Merci.
Le concert avait lieu deux jours plus tard. Durant ces quarante-huit heures, je n'ai pas envoyé un seul message à Adrien. Et lui, comme d'habitude, ne m'a pas contactée.
J'ai savouré ce calme pour répéter les partitions de ma mère. Même si je les connaissais par cœur, je voulais que tout soit parfait pour lui rendre hommage.
Le matin du concert, je me suis préparée avec soin. Mais au moment d'ouvrir l'écrin de velours rouge... il était vide.
Le collier avait disparu.
Un horrible pressentiment m'a glacé le sang.
J'ai immédiatement appelé Adrien. À l'autre bout du fil, le brouhaha caractéristique d'une salle de spectacle résonnait en arrière-plan.
— Tu es au concert ? C'est toi qui as pris mon collier ?!
La voix d'Adrien était d'un calme exaspérant :
— Inès n'a jamais eu la chance de jouer dans une vraie salle. Elle a toujours rêvé d'être pianiste, mais sa famille n'avait pas les moyens. Toi, tu es l'héritière d'une grande lignée, tu as eu droit à ces opportunités toute ta vie. C’est bientôt l’anniversaire d’Inès. Considère ça comme ton cadeau.
— Adrien !
Mon cri de rage a résonné dans la pièce vide. Mais il avait déjà raccroché.
J'ai essayé de rappeler. Rien.
Je me suis ruée vers la salle de concert. En sortant de la voiture, les premières notes qui s'échappaient du bâtiment m'ont clouée sur place.
Non... Ce morceau ! C'est impossible ! Elle ne peut pas jouer ça ici !