Le « meilleur pote » de ma femme est allé trop loinChapitre 3
Environ 3 400 signes. C’est le dernier des 3 chapitres offerts ici ; le chapitre 4 se lit dans l’application officielle.
Ils se sont tous les deux figés.
Ils ne s'attendaient visiblement pas à ce que je me montre aussi « compréhensif ».
Bastien a jeté un regard à la fois timide et satisfait à Camille, feignant d'hésiter :
« Je ne sais pas, Camille... Et si Nathan s'énerve et se venge sur toi après ? »
Il essayait clairement de rappeler ma prétendue « violence » de la veille pour attiser sa rancœur contre moi.
Le visage de Camille s'est assombri.
« Qu'est-ce qu'on en a à faire ? On est meilleurs amis. On n'a rien à cacher. »
Elle s'est assise sur le canapé et a fait signe à Bastien de commencer, en me lançant un regard de défi.
Mais après une nuit entière de réflexion, cette femme était déjà morte à mes yeux.
Une fille pareille ne méritait même plus ma colère.
J'ai allumé la caméra de mon téléphone. Puis, Camille a glissé sa main directement dans le pantalon de Bastien.
C'était franchement écœurant.
J'ai maintenu le téléphone à hauteur, mais j'ai tourné la tête, laissant mes pensées dériver.
J'ai fait abstraction de leurs petits rires étouffés et de leurs propos graveleux.
Je ne sais pas combien de temps a passé, quand Bastien a soudain lâché : « Pourquoi il n'y a toujours aucune réaction ? »
Puis il a plaisanté : « Camille, mets-y un peu du tien ! »
« C'est toi qui es nul ! Dis-moi que je suis ta reine, peut-être que ça marchera ! »
« Tais-toi, il y a quelqu'un dans la pièce ! »
Une moue de mépris m'a échappé.
Sérieusement, comparé à ces deux-là, j'avais vraiment l'air d'un intrus.
Mais il n'avait pas tort : j'allais bientôt dégager de sa vie pour de bon.
Très vite, ils ont oublié que j'étais là, et leurs gestes sont devenus de plus en plus déplacés.
Finalement, Camille a retiré sa main. « Je suis fatiguée. »
J'ai coupé l'enregistrement et balancé d'une voix neutre :
« Eh bien, maintenant je vous crois quand vous dites que vous êtes juste potes. Sinon, comment elle pourrait te tripoter sans ressentir absolument rien ? »
Ils m'avaient servi cette excuse tellement de fois.
Mais l'entendre sortir de ma bouche les a fait pâlir d'un coup.
Bastien s'est emporté, piqué au vif :
« Qu'est-ce que tu y connais ? C'est toujours elle qui me faisait plaisir, pas l'inverse ! »
« Si je ne l'avais pas entraînée et si je ne lui avais pas donné de l'expérience, tu crois que tu aurais pris autant de plaisir au lit avec elle ? »
Du plaisir ? Plutôt des haut-le-cœur.
Il s'est levé, hors de lui. « J'ai la gentillesse de lui apprendre des trucs, et monsieur se permet d'être sarcastique. Je me casse ! »
Il m'a lancé un regard chargé de sous-entendus, puis s'est tourné vers ma femme : « Si tu veux toujours m'aider, Camille, rejoins-moi à notre endroit habituel. »
Une fois Bastien parti, Camille m'a fusillé du regard.
« Tu es content de toi, maintenant ? »
Je voyais bien qu'elle était réellement déstabilisée.
D'habitude, elle cherchait toujours à inventer des bobards pour sauver les apparences. Là, elle n'essayait même plus de faire semblant.
« Il a juste dit la vérité. Tu étais obligé d'en arriver aux mains hier ? »
« Et puis d'abord, ton— »
Je l'ai coupée net.
« Camille, divorçons. »
Elle s'est figée, me fixant avec de grands yeux écarquillés. « Qu'est-ce que tu viens de dire ? »
Avant que j'aie pu répéter, elle s'est mise à brailler : « Pas question ! Je refuse ! »
« Très bien. Si tu refuses à l'amiable, je dépose une requête au tribunal. La vidéo que je viens d'enregistrer fera une excellente pièce à conviction. »