Ils voulaient tout me prendre je leur ai laissé ma mortChapitre 3
Environ 2 400 signes. C’est le dernier des 3 chapitres offerts ici ; le chapitre 4 se lit dans l’application officielle.
Tout. Je ne voulais plus rien garder.
J'ai levé les yeux vers Céline :
— D'accord. Je signe.
Une lueur de surprise a traversé son regard :
— C'est vrai ?
Sans perdre une seconde, elle a tiré de son sac les papiers du divorce, déjà rédigés.
J'ai souri intérieurement, le cœur en miettes.
Céline... tu n'as même pas pris la peine de cacher ton empressement.
J'ai pris le stylo et j'ai paraphé chaque page d'un geste rapide.
En voyant ma signature, son visage s'est détendu, affichant un masque d'affection rassurante :
— Julien, dès qu'il ira mieux, on se remet ensemble. Je te le promets, je ne te laisserai pas tomber !
Elle a signé à son tour, puis a ajouté avec un soupir :
— Tu vois, quand tu veux, tu es raisonnable. J'ai eu des torts moi aussi par le passé, mais quand tout sera fini, Inès et moi, on reviendra prendre soin de toi.
— Oui, papa ! a renchéri Inès comme une grande. Tu es tellement gentil avec tonton Bastien. Je suis fière de toi !
En les observant, mon âme est devenue un champ de ruines.
Jusqu'à cet instant, j'avais conservé un minuscule espoir pour elles.
Désormais...
C'était fini. En dehors de la mort, je n'attendais plus rien de ce monde.
Je me suis levé pour rejoindre ma chambre.
Un vertige violent m'a frappé de plein fouet. Mes jambes se sont dérobées, et je me suis effondré sur le parquet.
Juste avant que mes yeux ne se ferment, j'ai aperçu l'air affolé de Céline.
Une sensation de froid glacial m'a tiré de mon inconscience.
Quand j'ai rouvert les paupières, j'étais toujours étendu sur le sol.
Céline et Inès étaient au-dessus de moi, les bras croisés, le regard empreint d'un mépris agacé.
— Maman, je te l'avais dit ! Papa fait encore la comédie ! a lancé Inès.
— Julien, tu peux arrêter tes enfantillages ? a soupiré Céline d'un ton exaspéré. Tu nous mets en retard pour aller voir Bastien à l'hôpital.
*La comédie ?*
Céline a secoué la tête avec déception :
— Tu n'as pas honte de faire des scènes pareilles ? Je t'ai dit que je t'aimais encore malgré le divorce. Tu n'as pas besoin de simuler des malaises pour tester mes sentiments !
En l'écoutant, j'ai enfin compris.
Le bloqueur de douleur que j'avais pris masquait tous mes symptômes. Pendant trois jours, j'aurais l'air d'un homme en parfaite santé, avec un teint normal et aucune douleur apparente.
Mais le revers de la médaille était fatal : à la fin du compte à rebours, mes organes cesseraient brutalement de fonctionner.
Ce médicament était redoutablement efficace.