Le corps froid dans mon lit n'était pas ma femmeChapitre 1
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J’ai tout de suite senti que quelque chose clochait avec ma femme allongée à côté de moi. Quand j’ai essayé de me rapprocher d'elle, elle était aussi inerte qu'une étoile de mer.
Sur le coup, je me suis dit que c’était juste la routine. Après des années de mariage, la flamme finit toujours par faiblir un peu.
Jusqu'au jour où j'ai surpris une conversation entre elle et sa sublime meilleure amie : *« Mon mari dort comme une souche. Tu pourrais lui coller un cadavre dans le lit qu’il ne s'en rendrait même pas compte ! »*
Alors... ma femme avait vraiment trouvé un "cadavre" pour la remplacer ?
Je me suis réveillé en sursaut, alerté par de légers bruits étouffés venant du salon.
On aurait dit des gémissements, ou quelqu'un qui reprenait son souffle avec peine.
Dans le noir complet, un frisson de terreur m’a parcouru l'échine. Instinctivement, j'ai tendu le bras pour secouer ma femme à côté de moi.
— Chérie... Je crois qu'il y a quelqu'un dehors...
Je l'ai secouée plusieurs fois, mais elle n'a pas bougé d'un poil, perdue dans un sommeil de plomb.
Peut-être qu’elle était tout simplement épuisée par sa journée ?
Finalement, j'ai décidé de ne pas la réveiller. Je me suis levé doucement, j'ai attrapé un vase sur la commode pour me défendre, en le serrant fort contre moi.
Un cambrioleur ?
Je me suis glissé silencieusement dans le noir, poussant la porte de la chambre. Le salon était plongé dans l'obscurité, désert. Après une brève hésitation, bravant ma peur, je suis allé dans la cuisine pour attraper un couteau de chef.
Armé, je me suis senti tout de suite plus courageux. J'ai cherché l'interrupteur du salon et j'ai allumé.
La pièce s'est illuminée d'un coup. J'ai inspecté les moindres recoins : rien à signaler. J'ai vérifié les autres pièces, personne. Aucun objet de valeur ne manquait.
Je suis resté planté là, au milieu du salon, complètement hébété, me demandant si je n'avais pas tout simplement rêvé.
Le lendemain matin, à mon réveil, j'ai trouvé Élodie déjà attablée dans la cuisine, m'accueillant avec un sourire radieux.
— Bonjour mon cœur ! Bien dormi ? Viens prendre ton petit-déjeuner !
Ma femme, Élodie, était grande, avec des courbes magnifiques. Un vrai canon. Notre histoire avait été un véritable coup de foudre : nous nous étions mariés seulement un mois après notre rencontre.
Malgré cette précipitation, tout s'était toujours bien passé entre nous. Elle avait été là pour moi quand je n'avais rien, et elle l'était encore aujourd'hui, alors que je venais d'être promu directeur général de ma boîte.
Tous mes potes me jalousaient.
Depuis que mes affaires marchaient bien, elle avait quitté son job pour devenir mère au foyer.
Mon seul regret, après six ans de mariage, était que nous n'ayons toujours pas d'enfant.
Au début, on s'inquiétait, mais les examens médicaux avaient montré que nous étions tous les deux en parfaite santé. Ce n'était juste pas encore le bon moment, pensions-nous.
Je me suis débarbouillé et je me suis assis pour croquer dans mon toast chaud.
Repensant à la nuit dernière, je n'ai pas pu m'empêcher de lui en parler.
Élodie a levé les yeux au ciel, visiblement amusée.
— Mon cœur, tu as dû faire un cauchemar.
Je m'apprêtais à répliquer, mais elle s'était déjà levée.
— Bon, allez, tu vas être en retard au bureau. Dépêche-toi de manger ! Moi, je vais aller me recoucher un peu. Je ne sais pas ce que j'ai en ce moment, mais je suis épuisée.
Élodie s'est étirée en passant à côté de moi pour retourner dans la chambre. C'était peut-être mon imagination, mais j'ai cru déceler sur elle une odeur bizarre, un mélange subtil d'alcool et de tabac.
Je n'y ai pas prêté plus d'attention que ça. J'ai fini mon café et je suis parti travailler.
La nuit suivante, après quelques heures de sommeil, j'ai de nouveau été tiré de mes rêves.
Les bruits de respiration saccadée dans le couloir étaient encore plus forts cette fois-ci.
Je me suis levé pour vérifier, mais encore une fois, rien n'avait bougé.
Un frisson m'a glacé le sang. Et si ce n'était pas un cambrioleur ? Y avait-il un esprit dans cette maison ?
Je suis cartésien, mais sur le coup, c'était la seule explication irrationnelle qui me venait à l'esprit.
Pourtant, durant les deux semaines qui ont suivi, le calme est revenu. Ce bruit étrange n'a pas reparu.
Je pensais que l'incident était clos. C'était en réalité le début du cauchemar.
Cette nuit-là, j'ai fait un rêve particulièrement torride. Dans mon rêve, Élodie et moi étions d'une sauvagerie rare, mais juste au moment crucial, je me suis réveillé en sursaut.
Le désir brûlait encore en moi, me consumant tout entier.
Je me suis serré contre le corps d'Élodie, murmurant son prénom à son oreille.
— Chérie... tu dors ?
Comme la fois précédente, j'ai eu beau l'appeler, ma femme ne réagissait pas. C'était comme essayer de réveiller un corps sans vie.