Chassée de mon propre penthouse, je les détruis tousChapitre 1
Environ 4 800 signes. Chapitre 1 sur les 3 offerts ici.
Mon petit ami venait de couler sa boîte. Il n’avait même plus de quoi payer son loyer.
Quand il est venu pleurer dans mes bras, il a posé les yeux sur mon penthouse de luxe. Son regard a brillé d'une cupidité écœurante. Ni une, ni deux, il a ordonné à toute sa famille de débarquer.
Ses parents ont accouru depuis leur province. Ils vivaient à mes crochets, vidaient mon frigo et claquaient mon argent. Mais au lieu de me remercier, ils me traitaient de panier percé.
Tout ça parce que j’avais osé m’acheter un petit cupcake artisanal, ses parents m’ont enfermée dehors, sur le palier. Ils exigeaient que je reste à genoux toute la nuit pour « réfléchir à mes fautes ».
« Ton fric ? Mais ma fille, même toi tu appartiens à mon fils ! File droit ou on va te dresser ! »
Je me suis défendue. Dans la bousculade, mon copain m’a poussée dans les escaliers. Ma tête a heurté le marbre de plein fouet. Je suis morte dans une mare de sang, les yeux écarquillés d'horreur.
Quand j’ai rouvert les yeux, j'étais revenue pile au moment où sa mère me collait une gifle pour ce foutu cupcake.
Face à son air arrogant, je n'ai pas hésité une seconde. J’ai composé le 17, rameuté mes gardes du corps et je les ai fait dégager un par un.
« Vous me preniez pour une proie facile ? Vous vouliez saigner mon compte en banque ? »
« Vous avez trois jours. Vous allez me recracher jusqu’au dernier centime ! »
« Mais t'as perdu la tête ? Qui t'a permis de claquer huit euros dans un cupcake ? Tu sais combien de boîtes d’œufs on achète avec huit euros ?! »
Une voix aiguë et stridente me vrillait les tympans. Ma vue était encore trouble.
La mégère continuait d'aboyer : « Tu jettes par les fenêtres l’argent que mon fils gagne à la sueur de son front ! Espèce d'incapable, je vais t'apprendre à filer doux ! »
J'ai cligné des yeux, l'esprit encore embrumé, avant de réaliser : j'étais bien chez moi, dans mon appartement.
Monique Meunier, la mère de mon petit ami, me fusillait du regard. Ses joues épaisses tremblaient de rage, et ses yeux semblaient vouloir me carboniser sur place.
Mes doigts se sont crispés sur le sac de la boulangerie, écrasant le gâteau à l'intérieur.
En voyant mon geste, Monique est devenue hystérique. Elle a levé la main et m'a flanqué une violente gifle.
« Tu oses me défier du regard ?! Sale traînée, je vais t'apprendre le respect ! »
« Regarde ce que tu as fait, tu as bousillé un gâteau tout neuf ! Aujourd'hui, je te remets les idées en place ! »
La brûlure sur ma joue m'a brutalement reconnectée à la réalité. J’avais bel et bien recommencé ma vie.
Les humiliations et le calvaire de mon ancienne existence étaient encore gravés au fer rouge dans ma mémoire. Face à cette femme bouffie d'orgueil, une flamme sombre et glaciale s'est allumée au fond de moi.
Après deux ans de relation sur les bancs de la fac, Bastien et moi venions d’obtenir notre diplôme.
J'avais directement rejoint le groupe familial pour préparer ma succession à la tête de l'entreprise. Bastien, lui, voulait partir de zéro pour bâtir son empire.
Pendant des mois, je lui avais injecté des centaines de milliers d’euros en sous-main, espérant le voir réussir.
Le problème, c'est qu'il n'avait aucune fibre d'entrepreneur. En six mois à jouer au grand patron, il avait dilapidé chaque euro. Il était tellement fauché qu'il ne pouvait même plus payer sa chambre de bonne.
Un soir, en rentrant du boulot, je l'avais trouvé en bas de mon immeuble, sa valise cabine à la main, l'air d'un chien battu.
Il m'avait fixé avec des yeux de toutou suppliant. « Valentine, tu es la seule personne sur qui je peux compter dans cette ville... »
Il était séduisant. En le voyant ravaler sa fierté pour me supplier, je n'avais pas eu le cœur de le rejeter. Je l'avais fait monter.
Comment aurais-je pu deviner qu'en franchissant le seuil de mon duplex de trois cents mètres carrés, ses yeux brilleraient d'une cupidité sans borne ?
Il avait dégainé son smartphone pour appeler ses parents au fin fond de leur cambrousse.
« Maman, Papa ! J'ai dégoté un palace incroyable en plein centre-ville ! Ramenez-vous tout de suite ! »
Ses parents n’avaient pas traîné. Dès le lendemain, ils s’étaient pointés sur mon palier avec des sacs énormes et s'étaient installés sans la moindre gêne. Sans même me demander mon avis, ils avaient annexé ma suite parentale.
Bastien s’était calé dans la chambre d’amis, et moi, la véritable propriétaire des lieux, j'avais été reléguée dans la minuscule chambre de service.
Quand j'avais dit à Bastien que la situation était totalement absurde, il m’avait balayé d'un revers de main impatient :
« Mes parents ont tréché toute leur vie à la campagne. Quel est le problème s'ils veulent profiter un peu du confort maintenant ? »
« Valentine, tu disais aimer ma famille. C'est comme ça que tu le prouves ? Si mes parents entendent ça, tu vas leur briser le cœur. »