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Chapitre 3 / 3 · 0 %

Oups, mon crush virtuel est mon patronChapitre 3

Environ 7 800 signes. C’est le dernier des 3 chapitres offerts ici ; le chapitre 4 se lit dans l’application officielle.

À vingt-trois heures, j'étais la seule encore présente dans l'open space désert.

Après avoir bouclé le projet et éteint mon ordinateur, j'ai posté un message sur les réseaux pour me plaindre de ce patron tyrannique qui exploitait ses employés.

Mon frère a commenté : « Démissionne et va t'amuser. Ton grand frère est là pour gagner de l'argent pour toi. »

Une minute plus tard, il m'a envoyé un virement pour mes futures vacances, en me répétant de tout plaquer si j'étais à bout.

Toutes les larmes que je retenais depuis des jours ont fini par déborder. J'ai craqué, la tête enfouie dans mes bras sur le bureau.

Ce n'est que lorsque mon téléphone s'est mis à vibrer avec insistance que j'ai fini par le déverrouiller.

Mon copain virtuel venait inexplicablement de m'envoyer un virement de 13 140 euros, accompagné du mot : « Bonne nuit mon bébé ».

« Bébé bébé bébé bébé »

« Pourquoi tu ne m'as pas laissé payer ton panier pendant le Black Friday ? Tu n'as même pas utilisé notre cagnotte partagée. Je n'ai pas été assez bien ce mois-ci ? Tu m'en veux ? Mon cœur, j'ai tellement envie de dépenser mon argent pour toi. »

J'ai refusé le virement et tapé sèchement : « Pas besoin, merci. »

Sentant la froideur de mon ton, il est immédiatement devenu anxieux : « Je t'ai contrariée ? J'ai fait une bêtise ? Sois pas fâchée contre moi, mon cœur. Je suis désolé. »

« Ce n'est pas toi. C'est juste que c'est l'enfer au travail. Ne t'occupe pas de moi, laisse-moi pleurer un bon coup. »

Si je ne lui avais pas fait croire au tout début que j'étais muette, je l'aurais appelé sur-le-champ pour sangloter et vider mon sac sur toutes ces injustices !

« Pourquoi mon bébé pleure ? »

« Ça me brise le cœur. »

« Tu peux me donner ton adresse ? Je veux venir te voir. »

« J'ai tellement besoin de te serrer dans mes bras. »

« Qui t'a fait du mal ? »

« Ça se passe mal au boulot ? Ce sont tes collègues ? Dis-moi qui t'a embêtée, je vais les démolir ! »

« Mon cœur, ne pleure pas. Ça me rend tellement triste. »

En lisant son « je vais les démolir », un rire s'est mêlé à mes larmes : « Mon patron m'a humiliée délibérément devant tous mes collègues aujourd'hui. Il a dit que mon travail était bon pour la poubelle. J'ai l'impression d'être une ratée, de ne servir à rien. »

Paniqué, mon copain virtuel m'a aussitôt envoyé une note vocale : « Mon bébé, c'est faux ! Tu es la meilleure, ne doute jamais de toi. Tu es extraordinaire, tu n'as rien fait de mal, tu es parfaite. C'est ton patron qui n'a aucun goût. Ne prête pas attention à ce sale chien incapable de voir à quel point tu es géniale. Cet abruti finira seul toute sa vie avec son venin ! »

C'était la toute première fois qu'il m'envoyait un message vocal.

Au début de notre relation à distance, j'avais horreur des vocaux. En plus, ma colocataire de l'époque passait sa vie au téléphone avec son mec, ce qui me rendait folle. J'avais donc inventé un mensonge : je lui avais raconté que je m'étais brûlé les cordes vocales avec de l'eau bouillante quand j'étais petite et que je ne pouvais plus parler.

Mon copain l'avait cru sur parole. Par respect et pour ménager ma sensibilité, il m'avait toujours écrit par SMS, sans jamais m'imposer de note vocale.

Et là, rongé par l'inquiétude, il avait fini par craquer.

Fébrile, j'ai lancé la lecture du message.

Quand la voix d'Alexandre a résonné dans mes écouteurs, je suis restée pétrifiée.

Mon petit ami virtuel… c'était mon patron ?

Peut-être juste une voix qui lui ressemblait énormément ?!

Alexandre était incapable de prendre une voix aussi douce et paniquée, non ?

Pour en avoir le cœur net, j'ai pris l'initiative d'organiser un rendez-vous.

On a convenu de se retrouver dimanche devant le cinéma.

Pour éviter tout malentendu, j'ai joué le jeu habituel des premiers rendez-vous : « Tu portes des vêtements de quelle couleur ? J'ai peur de ne pas te trouver. »

« Tu me reconnaîtras tout de suite, mon cœur. Je tiens tes fleurs préférées. »

J'ai rangé mon téléphone et, au loin, j'ai aperçu Alexandre. Il tenait un énorme bouquet de tournesols, les yeux rivés sur son portable en train d'écrire.

Je suis restée figée pendant une bonne minute. D'un coup, j'ai compris pourquoi mon crush virtuel et le grand patron avaient exactement la même photo de profil.

Mais ce que je ne comprenais pas, c'était le nombre de femmes qu'il entretenait en même temps.

Sa complicité avec Victoria montrait clairement qu'ils étaient en pleine lune de miel.

Je me suis réfugiée dans l'ascenseur et j'ai appelé Margaux : « Margaux, tu m'avais dit que le boss sortait avec l'actrice… Tu en es sûre à cent pour cent, ce ne sont pas juste des bruits de couloir ? »

Le ton de Margaux était catégorique : « C'est une certitude absolue ! Au début j'avais un doute, mais des collègues l'ont vu ramener Victoria chez lui plusieurs fois. Ils vivent probablement ensemble ! Attends, je t'envoie une photo volée, tu verras par toi-même ! »

Qu'est-ce que j'espérais encore ?

Après avoir raccroché, j'ai hélé un taxi et je suis rentrée chez moi.

Quand Alexandre a partagé sa position en direct, j'ai immédiatement refusé : « Pas la peine de partager ta localisation, je suis arrivée en avance. »

« Mon cœur, tu es où ? Je ne te vois pas. »

Évidemment qu'il ne me voyait pas, j'étais déjà loin.

Furieuse qu'il se soit payé ma tête, j'ai délibérément décidé de le laisser poireauter.

« Oui, c'est normal, je me cache. »

« Tu es timide, mon bébé ? »

J'ai tapé d'une main tremblante de rage : « C'est fini. On rompt. »

L'application a indiqué qu'il écrivait pendant un long moment.

Une minute plus tard, il a envoyé : « Je peux t'appeler ? Je veux te rassurer. »

« Pas la peine. Je ne fais pas un caprice. »

« Pardon, mon cœur. Je refuse qu'on se sépare. »

« Mon bébé, je t'aime tellement. Si on a un problème, on peut le régler ensemble. Je ne veux pas qu'on rompe. On peut en parler calmement, s'il te plaît ? »

« Mon cœur, s'il y a des tensions, on va les apaiser. S'il y a un malentendu, on va l'éclaircir. Si tes sentiments ont faibli, je te séduirai à nouveau, depuis le début. Même si tu ne m'aimes plus, ce n'est pas grave. Moi, je t'aime. Je t'aime à en crever. Je ferai tout ce qu'il faut pour que tu retombes amoureuse de moi. Mais on n'a pas besoin d'en arriver là. »

« Mon cœur, tu as rencontré quelqu'un d'autre ? Ou tu t'es juste lassée de moi ? Si tu veux, garde-moi sous le coude. Tu peux être froide, m'ignorer, me crier dessus, passer tes nerfs sur moi. J'accepterai tout, je te le promets. Mais ne me quitte pas. N'y pense même pas. Je vais pleurer. Je ne supporterai pas de vivre sans toi. Je ne serai jamais d'accord pour qu'on se sépare. Jamais. C'est toi et seulement toi, pour toujours. Je ne peux être l'homme de personne d'autre. »

« Bébé, c'est parce que je ne suis pas assez bien foutu ? Pourtant tu m'as dit que tu aimais mes abdos. Ou c'est parce que j'ai mis quelques minutes à te répondre pendant cette réunion ? C'est de ma faute, mon cœur. J'ai forcément fait une erreur. Je te demande pardon. Je serai sage. Ne m'abandonne pas. Je t'en supplie, ne me laisse pas. »

« Dis-moi ce qui ne va pas chez moi, d'accord ? Je changerai tout ce que tu veux. Tu ne te rends pas compte à quel point j'étais heureux quand tu as proposé qu'on se voie. J'avais déjà imaginé notre mariage en Irlande, notre lune de miel à Bora-Bora… J'avais prévu de passer toute ma vie avec toi. »

« Je te donnerai tout mon argent, mon cœur. Ma fortune entière, si tu la veux. Je peux tout abandonner. Tout ce que je veux, c'est toi. »

« S'il te plaît, mon bébé. Reviens sur ce que tu as dit. »

Virement de 5 200 €

Virement de 5 200 €

…

Virement de 5 200 €

Un grand malade.

Pourquoi Alexandre n'avait-il pas fait carrière dans le cinéma ? Il jouait les amants transis à la perfection.

Les virements continuaient de pleuvoir. Écœurée et à bout de nerfs, je l'ai supprimé et bloqué de partout.

Chapitre 4 · verrouillé ici

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Vous avez lu les 3 chapitres offerts. La suite de « Oups, mon crush virtuel est mon patron » se lit dans l’application officielle, à partir du chapitre 4.

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