Leur petit protégé a voulu nous tuerChapitre 3
Environ 5 000 signes. C’est le dernier des 3 chapitres offerts ici ; le chapitre 4 se lit dans l’application officielle.
Hugo et moi avons fouillé les rues toute la journée et toute la nuit, sans rien trouver.
La police enquêtait aussi, mais nos filles restaient introuvables.
Épuisés et brisés, nous nous sommes assis au bord du trottoir.
Fou de haine contre moi-même, je me suis donné deux gifles.
« C’est ma faute ! Si je n’étais pas allé à l’hôpital, elles n’auraient pas disparu ! »
Les larmes ruisselaient sur mon visage. Hugo m’a saisi les poignets pour m’empêcher de continuer.
Finalement, c’est un policier qui nous a donné une piste.
Il nous a conseillé de profiter de la portée des réseaux sociaux pour publier les photos des filles et demander de l’aide aux habitants.
Mais à peine ai-je sorti mon téléphone que j’ai vu une notification Instagram. Maxime avait publié quelque chose une heure plus tôt.
Il y avait deux photos. Sur la première, Georgina était agenouillée devant lui. Elle levait vers lui un regard plein d’inquiétude en appliquant de la pommade sur son égratignure.
Elle était pratiquement cicatrisée !
Sur la seconde, Viviane souriait tendrement en décortiquant des crevettes qu’elle lui donnait directement à la bouche.
La légende disait :
[Peu importe mon âge, je serai toujours un bébé pour mes grandes sœurs préférées. Une petite égratignure, et me voilà couvert d’amour. Comment ne pas adorer des sœurs pareilles ?]
Le sous-entendu était évident. Est-ce qu’il considérait vraiment Georgina et Viviane comme des « sœurs » ?
Mes doigts tremblaient tandis que je faisais défiler les commentaires.
[La chance d’avoir deux grandes sœurs aussi belles et sexy ! Tu vis le rêve, mec !]
[Vu comme elles s’occupent de toi, je parie que ce sont bien plus que des « sœurs »…]
[Pourquoi choisir ? Avec deux bombes pareilles, je veux bien mourir d’épuisement pour me faire les deux !]
Les commentaires sur Georgina et Viviane étaient d’une vulgarité écœurante, mais elles n’en avaient rien à faire.
Elles y répondaient même, écrivant que « l’amour, ça va dans les deux sens » et vantant toutes les attentions de Maxime envers elles.
Je me suis souvenu de la façon dont Georgina se dérobait, l’air dégoûté, dès que j’essayais de lui prendre la main à la maison.
Deux poids, deux mesures.
Avant que je puisse en lire davantage, Hugo m’a arraché le téléphone des mains.
« De toute façon, on va divorcer. Qu’est-ce que ça peut te faire, ce qu’elles fabriquent ? Elles ne méritent pas tes larmes !
— Au fait, quand je suis retourné chez toi hier, j’ai récupéré les médicaments que tu avais pris. Dès que j’aurai un moment, je les apporterai à un labo pour les faire analyser.
— J’ai un mauvais pressentiment. Ce n’était certainement pas une simple intoxication alimentaire ! »
Il avait raison. Je prenais ces comprimés pour mon estomac depuis des années, sans aucun problème. Pourquoi m’étais-je effondré cette fois-ci ?
J’avais même vomi du sang noir !
Mais si quelqu’un avait délibérément cherché à me faire du mal, alors la disparition soudaine des filles…
Je n’osais pas y penser. En me forçant à garder mon calme, j’ai publié des avis de recherche sur tous mes comptes.
Hugo et moi étions malades d’angoisse, mais nous ne savions plus quoi faire.
Chaque minute qui passait était comme une lame qu’on me retournait dans la poitrine.
Comme Georgina et moi avions des amis en commun, certains ont vu mes publications et l’ont contactée.
Peut-être pour sauver les apparences, elle a fini par m’appeler.
Mais dès que j’ai décroché, sa voix acerbe et accusatrice m’a agressé :
« C’est quoi, encore, ton petit numéro ?! Tu as vu que je t’avais bloqué, alors tu as décidé de faire un scandale sur Internet ?
— Tu utilises vraiment ces combines minables pour attirer mon attention ?!
— Combien de fois dois-je te le dire ? La main de Maxime n’est pas encore guérie. Il ne peut pas la mouiller, alors je dois rester chez lui pour m’occuper de lui !
— Supprime ces publications immédiatement ! Tu veux que tout le quartier se moque de nous ?
— Tu n’es pas un vrai homme ! »
J’imaginais parfaitement son visage.
Cette femme autrefois douce et polie devait maintenant avoir les traits déformés par la colère et lever les yeux au ciel.
Mais tout ça n’avait plus aucune importance. « Je te l’ai répété mille fois : je cherche nos filles disparues, Anna et Maria !
— Et je me fiche de savoir quand tu rentreras, ou de la relation malsaine que tu entretiens avec ton précieux Maxime. Tout ce que je veux, c’est qu’on règle ce divorce au plus vite ! »
Elle s’est mise à hurler dans le téléphone :
« Divorcer, divorcer, toujours divorcer ! Tu ne connais aucune autre menace ?!
— Ça devient pitoyable ! J’en ai assez de l’entendre !
— Au moins, Maxime m’apporte à déjeuner quand je suis débordée. Et toi, tu fais quoi ?
— Un grand garçon qui passe son temps à pleurnicher. Tu me dégoûtes ! »
J’ai compris que lorsqu’il ne reste plus aucun amour, on peut parler à la personne qu’on a le plus aimée sans rien ressentir.
« Je suis sérieux. Je veux divorcer. »
J’ai aussitôt raccroché. Je ne voulais plus perdre une seule seconde à lui parler.
Mais, à ma grande surprise, elle s’est présentée chez moi dès le lendemain.