Leur petit protégé a voulu nous tuerChapitre 2
Environ 3 900 signes. Chapitre 2 sur les 3 offerts ici.
Je ne parlais pas souvent à Viviane. Mais à en juger par son comportement récent, elle était aussi toxique que sa sœur Georgina.
J’ai quand même décroché. Une seconde plus tard, sa voix stridente et agacée m’a vrillé l’oreille.
« Vous avez préparé votre coup ensemble, Hugo et toi ? C’est quoi, ce petit jeu minable ?
— Il prétendait que tu étais à l’agonie aux urgences, mais tu as assez d’énergie pour appeler Georgina et lui chercher des histoires. Tu vas très bien, en fait, non ?
— Passer vos journées à faire vos petites crises de jalousie… Vous n’avez pas honte ? »
D’une voix rauque, j’ai répondu : « Je n’ai aucune raison de te mentir. J’ai eu une intoxication. J’étais… »
Viviane m’a coupé, encore plus agressive et impatiente.
« Tu me prends pour une idiote ?! Hugo et toi, vous passez votre temps à comploter dans notre dos. Aucun de vous deux n’est un vrai homme !
— Maxime a trois ans de moins que vous, et pourtant, il est bien plus un homme que vous ne le serez jamais !
— Combien de fois faut-il vous le répéter ? Maxime, c’est comme un petit frère pour nous ! Vous êtes sourds ?
— Je te préviens, arrêtez vos petites manipulations, Hugo et toi. Georgina et moi commençons à perdre patience. Si vous continuez, on va vraiment divorcer !
— Et dis à Hugo de répondre à son téléphone et de ramener notre fille !
— Il m’a appelée ce matin en prétendant que tu étais dans le coma et que les filles avaient disparu, alors il avait besoin de moi pour les chercher.
— Je sais qu’il a fait exprès ! Qu’il n’utilise pas la vie de ma fille pour me faire du chantage. Je ne tomberai pas dans le panneau ! »
Elle a brutalement raccroché après sa tirade.
Ses paroles ressemblaient surtout à une menace contre Hugo et moi.
Mais je n’avais pas le temps de m’attarder sur ses insultes.
Elle avait dit que les filles avaient disparu.
Il fallait que je sache la vérité, tout de suite !
J’ai aussitôt appelé Hugo. Il a immédiatement décroché, et j’ai lâché : « Où sont Anna et Maria ?! »
Sa réponse m’a plongé dans une terreur absolue.
« Quand je t’ai emmené à l’hôpital en urgence, elles sont restées seules et sont sorties. J’ai regardé les images de vidéosurveillance. On perd leur trace au coin de la rue. »
Soudain, j’ai regretté qu’il m’ait sauvé.
S’il ne l’avait pas fait, ma fille Anna et sa fille Maria n’auraient pas disparu !
J’aurais préféré mourir sur ce sol plutôt qu’il leur arrive quoi que ce soit !
Mon sang s’est glacé. Fou de douleur, je me suis frappé la poitrine, tout le corps secoué de tremblements.
Sans me soucier de mon état, j’ai arraché la perfusion de mon bras et je suis sorti de l’hôpital en courant, toujours en blouse.
Je devais les retrouver !
Plus le temps passait, plus elles étaient en danger !
Je me suis souvenu que Georgina avait un groupe WhatsApp pour le quartier. La plupart des habitants en faisaient partie pour commander facilement leurs médicaments.
Je pouvais lui demander d’envoyer un message à tout le monde pour savoir si quelqu’un avait vu les filles.
Mais j’ai eu beau l’appeler encore et encore, elle rejetait tous mes appels.
Je n’ai pas eu d’autre choix que de lui écrire :
[Anna a vraiment disparu ! Tu peux demander sur le groupe du quartier si quelqu’un l’a vue hier, s’il te plaît ?]
Elle n’a pas répondu.
J’étais si désespéré que j’aurais voulu ramper jusqu’à elle pour la supplier à genoux. La supplier d’arrêter de se montrer aussi cruelle et de m’aider à retrouver Anna !
[Je ne te mens pas !]
Mais cette fois, mon message n’est pas parti. Un point d’exclamation rouge est apparu.
Elle m’avait bloqué. Je n’avais plus aucun moyen de la joindre.
Un goût amer dans la bouche, je me suis mis à arpenter la rue d’un pas chancelant pour chercher seul.
Je pouvais accepter qu’elle ne m’aime plus. Je pouvais accepter qu’elle ait renoncé à notre mariage.
Mais je n’aurais jamais imaginé que même la fille qu’elle avait portée pendant neuf mois ne vaudrait rien, à ses yeux, face à un autre homme !