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Chapitre 3 / 3 · 0 %

Quand il a enfin voulu me pardonner, j'étais déjà morteChapitre 3

Environ 5 000 signes. C’est le dernier des 3 chapitres offerts ici ; le chapitre 4 se lit dans l’application officielle.

C'était Thomas. Il était apparu de nulle part.

Je ne l'avais même pas vu arriver.

Il a regardé Léna, toute sale, en serrant les dents :

— Ambre... C'est comme ça que tu t'occupes de ta fille ?

Il a attrapé Léna par le bras et l'a fait monter de force dans sa voiture garée sur le côté.

Léna s'est mise à hurler et à pleurer, toute sa confiance en lui s'étant envolée :

— Pourquoi tu m'empêches de manger ? Tu es méchant !

Elle essayait de lécher les miettes restées sur ses doigts.

Thomas lui a saisi les mains, utilisant des lingettes désinfectantes pour les nettoyer. Son visage oscillait entre le dégoût et une infinie douceur.

— Ta mère ne t'a jamais appris qu'on ne ramasse pas les trucs par terre pour les manger ?

Ses gestes étaient précis, presque attentionnés.

Quand nous étions ensemble, il s'occupait toujours de moi avec ce même soin.

Mes copines de fac l'appelaient mon "petit ami papa", tellement il était protecteur et mature.

Mais Léna était aussi têtue que moi.

Elle l'a repoussé, et sa petite main a claqué sur la joue de Thomas :

— Je ne veux pas de toi, grand méchant ! Laisse-moi tranquille !

J'ai retenu mon souffle, terrifiée par la réaction de Thomas.

Mais il ne s'est pas mis en colère.

Il a juste baissé les cils, jeté la lingette et a tourné la tête vers la vitre pour éviter de regarder le profil de Léna, qui était le parfait miroir du mien.

D'un ton moqueur, il a murmuré :

— Aussi têtue que sa mère. Heureusement que ce n'est pas la mienne.

J'ai souri amèrement. Désolée de te décevoir, Thomas.

La petite boîte en bois a glissé des bras de Léna.

Thomas s'est penché pour la ramasser.

Il a jeté un coup d'œil à cette boîte usée. Elle lui semblait vaguement familière.

Involontairement, j'ai voulu l'empêcher de regarder de plus près.

S'il l'ouvrait, il découvrirait toute la vérité sur ce qui s'était passé il y a cinq ans.

Il passerait le reste de sa vie rongé par le remords.

Je préférais qu'il me déteste plutôt qu'il vive dans la culpabilité.

Mais en regardant Léna, j'espérais tellement qu'elle puisse grandir sous la protection de son père.

J'étais déchirée.

Finalement, il a rejeté la boîte sur les genoux de Léna :

— Tu ramasses vraiment n'importe quelle camelote.

Pendant un instant, je n'ai pas su si je devais être soulagée ou déçue.

Thomas a ramené Léna chez lui.

Il a demandé à Martine, la gouvernante, de lui préparer un repas. En observant la silhouette décharnée de Léna, il a ajouté :

— Fais quelque chose de facile à digérer.

Puis il a marmonné pour lui-même :

— Je ne sais pas comment cette femme a élevé cette gamine. Elle n'a que la peau sur les os. Heureusement que je n'ai pas épousé une fille pareille.

J'ai baissé la tête.

C'est vrai, j'ai été une bien mauvaise mère.

Thomas s'est installé à table, observant Léna qui triait soigneusement les légumes dans son assiette.

Il a froncé les sourcils et, par pur réflexe, a lâché :

— Ambre Mercier, on mange de tout.

Ils se sont figés tous les deux. Thomas semblait choqué par ses propres mots.

Pour masquer son trouble, il a dit d'un ton sec :

— Je vais la garder ici, sous mes yeux. Je refuse de croire qu'Ambre ne viendra pas la chercher.

Sur ce, il s'est levé pour monter à l'étage, d'un pas presque précipité, comme s'il fuyait.

Les yeux de Léna se sont illuminés :

— C'est vrai ? Maman va venir me chercher ?

La nuit tombée, Léna a refusé de dormir dans la chambre d'amis. Elle a insisté pour dormir sur le canapé du salon.

Martine a essayé de la convaincre, mais en vain. Thomas, agacé, a fini par dire :

— Les gosses sont tellement capricieux. Laissez-la faire, qu'elle dorme où elle veut.

Léna a dormi sur ce canapé pendant trois jours. En la voyant recroquevillée en une toute petite boule, Thomas a fini par perdre patience :

— Ta mère est si cruelle que ça ? Elle ne te laissait jamais dormir dans un lit ?

Léna a secoué la tête :

— Mais non. Maman dort toujours sur le canapé.

Thomas a paru décontenancé, tandis que mes larmes coulaient sans s'arrêter.

Parce que dans notre studio, il n'y avait qu'un seul vieux canapé.

Quand j'étais au plus mal, je passais mes journées allongée dessus, à moitié consciente. Léna pensait que je faisais juste de longues siestes.

Elle venait se blottir contre moi en silence.

Même à l'orphelinat, elle passait ses journées sur le canapé de l'accueil, comme pour retrouver la sensation d'être dans mes bras.

Ces derniers temps, Thomas travaillait depuis la maison. Il passait beaucoup de temps à fixer la porte d'entrée.

Voyant Léna faire de même, il a fini par lui demander :

— Dis, tu t'appelles comment, au fait ?

— Léna Mercier.

— Léna... Ta mère t'a abandonnée, tu sais.

Léna s'est redressée d'un coup, le regard féroce :

— C'est pas vrai ! Ma maman ne m'abandonnerait jamais !

— Ah oui ? Alors pourquoi ça fait une semaine qu'elle n'est pas venue te chercher ?

À l'instant même où il finissait sa phrase, la sonnette a retenti.

Thomas s'est levé d'un bond, un sourire victorieux aux lèvres.

— Tu vois ? Ta mère est là.

Léna a sauté du canapé, le visage illuminé d'espoir.

La porte s'est ouverte.

Leurs visages se sont décomposés en même temps.

Chapitre 4 · verrouillé ici

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