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Chapitre 3 / 3 · 0 %

La femme de mon patron me traite de briseuse de couple alors que je possède la boîteChapitre 3

Environ 4 300 signes. C’est le dernier des 3 chapitres offerts ici ; le chapitre 4 se lit dans l’application officielle.

J’ai croisé les bras, d'un calme olympien.

— Allez-y, déballez tout devant vos témoins. Je n'ai pas l'intention d'endosser vos délires.

Après tout, quelle femme saine d’esprit voudrait d’un type d’âge mûr, bedonnant et dégarni comme Henri Bennett ?

Piquée au vif par mon assurance, Bella a sorti un ticket de caisse de son sac à main de luxe.

— Mardi dernier, 19 heures. Au restaurant gastronomique du *Skyline Hotel*. Toi et Henri en tête-à-tête aux chandelles. Montant de l'addition : 3 800 euros !

— J'ai trouvé ce reçu moi-même dans la poche de sa veste. Tu vas inventer quoi, cette fois ?

Autour de nous, les collègues se sont mis à chuchoter :

— La vache, l'équipe commerciale, c'est chaud…

— Si sa femme se déplace jusqu'ici, c'est qu'il n'y a pas de fumée sans feu.

— Elle avait l'air tellement sage, Alice. Détruire un mariage pour du fric, c'est dégueulasse.

— Fermez-la deux secondes, ai-je lâché froidement en sortant mon téléphone.

— J’ai bien dîné avec Monsieur Bennett ce soir-là, mais nous n’étions pas seuls. Maxime du marketing était présent, ainsi que le directeur financier du groupe Monroe.

J’ai ouvert ma galerie et braqué l’écran sous le nez des curieux.

— Heureusement que j'ai l'habitude de prendre des photos de fin de réunion avec nos clients. Sinon, votre coup monté aurait presque pu fonctionner.

Mais Bella ne lâchait rien.

— Très bien ! Admettons que ce dîner était pro ! Mais ça, tu l’expliques comment ?!

Elle m’a collé son propre écran sous les yeux.

— C’est un enregistrement de la caméra embarquée de la berline d’Henri, dans la nuit du 7 du mois dernier !

— C’est bien toi assise sur le siège passager, non ? En pleine nuit, seuls tous les deux dans une bagnole. Tu vas encore prétendre que tu ne cherchais pas à le chauffer ?!

— Le 7 du mois dernier ?

J’ai explosé de rire. Bella a aboyé :

— Qu'est-ce qui te fait marrer, sale peste ?!

Je l'ai fixée droit dans les yeux :

— Navrée de décevoir vos fantasmes, Madame Bennett. Mais le 6 au soir, j'étais à bord d'un vol pour New York.

— J'ai passé cinq jours complets sur un salon international. Expliquez-moi un peu par quel miracle j'aurais pu me téléporter dans la voiture de votre mari le lendemain ?

Bella s'est figée sur place, incapable d’articuler le moindre mot. Je ne lui ai pas laissé le temps de reprendre son souffle et me suis tournée vers mes collègues :

— Vous avez bien vu. Henri et moi n'avons rien à nous reprocher. Tout ceci n'est que le fruit de ses obsessions.

— À votre place, je ferais gaffe. Qui sait laquelle d'entre vous sera sa prochaine cible imaginaire.

Le visage de Bella a viré à l’écarlate à mesure que ses accusations s’effondraient comme un château de cartes. Les murmures de la foule se retournaient désormais contre elle.

Alors qu'elle s'enfonçait dans sa propre honte, Henri a fendu la foule en trombe.

Il s’est posté aux côtés de sa femme et m’a foudroyée du regard :

— Alice, ça ne va jamais s’arrêter ?! C'était un bête malentendu. Tu te sentais vraiment obligée de faire tout ce cinéma pour humilier Bella en public ?!

Il suait à grosses gouttes, rongé par la panique. Bella s’est aussitôt accrochée à son bras, jouant la parfaite petite victime fragile :

— Je lui ai simplement demandé gentiment de garder ses distances… et elle m'a insultée devant tout le monde pour détruire ma réputation !

Henri a balayé l’assistance du regard.

Trop heureux de lécher les bottes du patron, plusieurs collègues se sont empressés d’abonder dans son sens :

— C'est vrai, Alice est allée beaucoup trop loin. C'était d'une insolence incroyable envers Madame Bennett.

Saisissant la perche tendue, Henri a immédiatement usé de son autorité pour m’écraser :

— Alice, ton comportement est toxique et nuit gravement à la cohésion de l'équipe. Tu es officiellement retirée des dossiers prioritaires du trimestre. Quelqu'un d'autre prendra le relais.

— De plus, j'exige une lettre d'excuses en bonne et due forme sur mon bureau dès demain matin !

J'ai contemplé ce couple pitoyable. L’un essayait lâchement de se dédouaner de ses adultères, l’autre vivait dans un déni pathologique. Ma patience avait atteint ses limites.

J'ai plongé mon regard dans celui d'Henri, sans ciller :

— Monsieur Bennett, vous n’avez absolument pas le pouvoir de décider si je reste ou si je pars de cette boîte.

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