La femme de mon patron me traite de briseuse de couple alors que je possède la boîteChapitre 1
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Pour notre premier jour de reprise après les congés, la femme de mon patron a débarqué au bureau les bras chargés de cadeaux.
Elle a approché un tube de rouge à lèvres de mon visage, jaugeant la couleur d’un air dédaigneux.
— Joli ton, a-t-elle lâché. C’est exactement la même nuance que la trace retrouvée sur le col d’Henri.
Dans la seconde, un silence de mort est tombé sur tout l’open space. Tous les regards se sont braqués sur nous.
— Garde-le. C’est cadeau. Après tout…
— Être une briseuse de couple, c’est un boulot à plein temps.
Prise pour cible en plein milieu de la pièce, je suis restée complètement abasourdie.
Oui, j’avais accompagné mon patron à des dîners d’affaires. Mais depuis quand ça faisait de moi sa maîtresse ?
Et puis surtout… ma famille possède littéralement tout le groupe. Pourquoi diable irais-je lui voler son mari ?
* * *
Après une semaine de vacances, le bureau croulait sous les dossiers. Tout le monde était à cran.
Au beau milieu de ce chaos, une voix féminine et mielleuse a résonné dans la pièce :
— Vous travaillez dur, dites-moi ! Je vous ai apporté quelques douceurs pour vous récompenser.
C’était Bella, la femme d’Henri, notre vice-président. Sapée en marques de luxe de la tête aux pieds, elle était suivie par deux coursiers chargés de sacs de shopping.
Bella a traversé l’open space d’un pas hautain, inspectant les lieux sans même répondre aux salutations polies des employés.
Elle a dévisagé chaque femme présente avant de s’arrêter net devant mon bureau.
— Joli rouge à lèvres.
J'allais répondre par pure politesse quand elle a lâché sa bombe :
— C’est exactement la même nuance que la trace sur le col de chemise d’Henri.
Bella a balancé le tube de rouge à lèvres sur mon clavier.
— C’est pour toi. J’ai choisi cette teinte exprès. Elle va tellement bien aux filles de ton genre. Prends-le comme un petit pourboire.
Pardon ? Depuis quand j'étais devenue « l’autre femme » ?
— Je crois que vous vous faites de fausses idées. Je ne suis pas du tout…
J’ai ramassé le tube pour le lui rendre, mais elle a repoussé ma main avec mépris.
— Oh, ne t’en fais pas, je ne dis rien de méchant !
— Henri est un homme puissant. C'est normal qu'il attire les regards. Je ne suis pas là pour faire un scandale.
— Mais la prochaine fois, viens directement à la maison au lieu de gaspiller son fric dans des hôtels. Et arrêtez de prétexter des voyages d’affaires pour vos petits week-ends en amoureux. Ça fait tache pour la boîte.
Son ton passif-agressif a transformé ma surprise en pure rage. J’ai plaqué le rouge à lèvres contre sa poitrine d’un coup sec.
— Monsieur Bennett et moi ne participons à des dîners que dans un cadre strictement professionnel. Il ne s’est jamais rien passé de déplacé entre nous.
— Je ne sais rien de cette histoire de tache, et je ne suis la maîtresse de personne !
Bella n’a même pas cillé. Elle a juste laissé échapper un ricanement glacial.
— Continue de nier. Tu crois vraiment que je serais venue ici sans preuves ?
Elle a ensuite tourné les talons pour s’adresser à toute l’équipe :
— Profitez bien des gâteaux, tout le monde ! Je m’en vais.
— Ah, et surtout, ne touchez pas à la part d'Alice. Elle a sûrement une longue nuit de travail prévue avec Henri.
— Mais pour qui vous vous prenez… !
J’ai voulu la rattraper, mais plusieurs collègues m’ont immédiatement barré la route, les traits déformés par le dégoût.
— Alice, tu n’as vraiment aucune honte. Et moi qui pensais bêtement que tu décrochais ces gros contrats grâce à ton talent ! Tu as juste couché pour grimper.
— Madame Bennett est bien trop gentille de ne pas te faire virer sur-le-champ. On refuse de bosser avec une fille aussi pourrie dans notre équipe. Si tu as un minimum d’amour-propre, fais tes cartons.
— Utiliser des méthodes pareilles à ton âge… Quand je repense à ton discours de meilleure vendeuse le mois dernier, ça me donne envie de vomir.
J’ai tenté de garder mon calme pour leur expliquer qu’il s’agissait d’un pur délire.
Mais mon statut de numéro un des ventes les rendait déjà malades de jalousie depuis des mois. Ils tenaient enfin leur prétexte pour me démolir.
— Tu es la seule femme célibataire du service ! Si ce n’est pas toi, c’est qui d’autre ?!
— Ça suffit.
La voix autoritaire d’Henri a claqué depuis l’entrée. Il a poussé la porte, l’air extrêmement tendu.
L’open space s’est instantanément tu. Il m’a fusillée du regard avant d’aboyer mon prénom :
— Alice. Dans mon bureau. Tout de suite.
Me convoquer en tête-à-tête à ce moment précis n'a fait qu'alimenter les messes basses.
Leurs yeux me fixaient comme si j'allais le rejoindre pour une partie de jambes en l'air clandestine.
La colère et l'humiliation me brûlaient la gorge. J’étais prête à exiger qu’il rétablisse la vérité devant tout le monde, mais à peine la porte refermée, il a frappé violemment du poing sur son bureau.
— On est dans une entreprise ici ! Arrête de foutre la merde et de pourrir l'ambiance de travail !