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Chapitre 1 / 3 · 0 %

Mariée à une superstar, mon ex pleure de regretChapitre 1

Environ 9 200 signes. Chapitre 1 sur les 3 offerts ici.

Le jour où j'ai découvert ma grossesse, Damien a foncé droit dans le ravin, pulvérisant la glissière de sécurité.

Notre voiture a dévalé la pente de la montagne.

Une seconde avant l'explosion fatale, Damien a hurlé vers le ciel :

« Cassandre ! J'arrive, je viens te retrouver ! »

C’est à cet instant précis que j'ai compris qu'il n'avait jamais oublié son premier amour, Cassandre.

Quand j'ai rouvert les yeux, j'étais de retour sur les bancs de la fac.

J'ai déchiré la lettre d'amour que je tenais entre mes mains et j'ai tourné les talons, marchant dans la direction opposée à la sienne.

Huit ans plus tard.

Il a privatisé le club le plus sélect de la ville pour organiser une demande en mariage grandiose à celle qu'il croyait être la femme de sa vie.

Mais quand son regard a croisé le mien, alors que je tenais la main d'un autre homme, ses yeux se sont injectés de sang et sa voix a tremblé :

« Romane... Tu ne m'avais pas promis de n'aimer que moi pour toujours ? »

Je ne m'attendais vraiment pas à retomber sur Damien, et encore moins dans une boîte de nuit.

Coincée dans les embouteillages, j'avais manqué le dîner de retrouvailles de notre promo. Je me suis donc rendue directement au club où j'avais un autre rendez-vous. À ma grande surprise, je suis tombée nez à nez avec mes anciens camarades, qui continuaient leur soirée ici.

Ils se déhanchaient sur la piste au rythme de la musique. Avec son allure élancée et son teint clair, Damien attirait tous les regards. Il serrait Cassandre contre lui, les yeux débordants d'adoration.

« Damien est un véritable génie. À son âge, posséder déjà plusieurs écuries de course, c'est du jamais vu », soufflait quelqu'un.

« C'est clair. Ce soir, il a carrément privatisé tout le club rien que pour elle. »

« C'est l'endroit le plus huppé de la ville. Réserver une telle soirée doit coûter au bas mot un million d'euros. »

« Quand on aime, on ne compte pas. Rien n'est trop beau pour faire sourire sa belle. »

La musique s'est soudain arrêtée. Cassandre se tenait au centre, les joues rougies et le souffle court.

L'écran géant s'est allumé, diffusant un montage vidéo des moments les plus romantiques de leur couple. Sous les acclamations de la foule, on a poussé Cassandre sur l'estrade. Damien, un somptueux bouquet de roses à la main, a posé un genou à terre devant elle.

« Cassandre, veux-tu m'épouser ? » Sa voix, douce et vibrante, débordait d'une tendresse infinie.

Quelqu'un dans la foule a alors lâché : « Au fait, Damien a rompu quand avec Romane ? »

La remarque, ni trop forte ni trop discrète, a résonné dans toute la pièce.

En entendant mon prénom, le visage de Damien s'est assombri, son sourire s'effaçant net.

Cassandre s'est figée une seconde, avant de se reprendre aussitôt. Elle a accepté les fleurs avec un sourire poli : « Damien a toujours eu beaucoup de succès avec les femmes. Mais qui ne fait pas d'erreurs de jeunesse ? L'essentiel, c'est qu'on ait fini par se retrouver. »

Des rires ont fusé dans l'assemblée, et les compliments ont repris de plus belle sur la perfection de leur couple.

Restée en retrait dans un coin sombre, je fixais leurs mains enlacées. Étais-je donc cette simple « erreur » de jeunesse ?

Elle ignorait pourtant que dans ma vie antérieure, c'était Damien qui m'avait couru après sans relâche.

Il avait eu un coup de foudre pour moi, déployant des trésors d'énergie pour me séduire. Quelqu'un aurait-il pu résister à un homme aussi brillant, séduisant et passionné, prêt à tout pour vous ?

J'avais fini par céder.

Le jour où notre relation était devenue officielle, Damien avait pris mon visage entre ses mains, hésitant presque à m'embrasser. « Romane, dis-moi que je ne rêve pas, m'avait-il murmuré. Si je t'embrasse, est-ce que le charme va se rompre ? »

J'avais éclaté de rire en effleurant ses yeux magnifiques, avant de me hisser sur la pointe des pieds pour sceller notre amour.

Cette nuit-là, il m'avait juré : « Romane, je te chérirai jusqu'à mon dernier souffle. »

J'y avais cru.

Mais tout n'était que mensonge.

J'ai inspiré profondément et me suis dirigée vers l'ascenseur à travers la pénombre.

Un ancien camarade au regard aiguisé m'a alors repérée : « Tiens, Romane ? Qu'est-ce que tu fabriques ici ? »

« Mais regarde-toi... Qu'est-ce qui t'est arrivé pour avoir l'air aussi négligée ? »

« Ne me dis pas que tu es toujours au chômage ! Puisque Damien est là, tu devrais profiter de vos anciens liens pour lui demander un boulot. Il pourrait facilement te trouver un poste à cinq mille euros par mois. »

Leur mépris n'avait aucun filtre. Je n'en avais que faire. J'ai simplement esquissé un sourire distant tout en me servant un verre d'eau glacée au bar.

Dès l'instant où j'avais mis un pied dans la pièce, le regard de Damien ne m'avait plus lâchée. En me voyant prendre ce simple verre d'eau gratuit, il a semblé se détendre un peu et a lancé d'un ton faussement désinvolte : « Commande ce qui te fait plaisir. Ce soir, c'est moi qui régale. »

J'ai répondu calmement : « Merci, mais ce ne sera pas nécessaire. »

Mon ton était poli, mais d'une froideur tranchante.

Damien s'est figé au milieu de son geste pour s'approcher. La moitié de son visage plongée dans l'ombre masquait ses émotions.

Après un long silence, il a laissé échapper un rire amer : « Romane... toutes ces années ont passé, et tu es toujours aussi fière et butée. »

Le regard de Cassandre s'est aussitôt teinté de méfiance. Elle a glissé ses doigts entre ceux de Damien, me toisant avec un mélange de possession et de condescendance : « Romane, sans vouloir te vexer, quand on sort, on fait au moins un minimum d'effort pour présenter bien. »

« Regarde tes fringues informes et tes cheveux en bataille. Comment veux-tu qu'un homme ait envie de t'épouser dans cet état ? »

« J'ai plein de vêtements que je ne mets plus chez moi. Si ça te dit, je peux te les donner. De toute façon, Damien m'en achète tellement que mes deux dressings débordent déjà. »

La foule a éclaté de rire.

J'ai jeté un coup d'œil à mon reflet dans la vitre. Après quarante-huit heures de tournage non-stop sans fermer l'œil, j'étais épuisée et n'avais pas pris le temps de me pomponner. Face à une Cassandre tirée à quatre épingles, il est vrai que mon allure détonnait un peu.

« Non merci », ai-je répondu en déclinant d'un geste de la main, avant de picorer un morceau de fruit frais sur le comptoir. J'avais bien trop faim pour me soucier des convenances.

Damien a brusquement fait un pas vers moi en me tendant son smartphone. J'ai levé les yeux vers lui, perplexe.

« Donne-moi ton RIB. Je vais te virer trois cent mille euros », a-t-il lâché.

« Ta situation actuelle découle indirectement de mes choix. »

« Mais notre histoire appartient au passé. Arrête de t'entêter. »

« Cesse de m'attendre et refais ta vie. »

Le fond d'écran de Damien affichait une photo de Cassandre tenant une brassée de fleurs. En contemplant son sourire radieux, un sentiment d'irréalité m'a envahie.

Dans ma vie passée, bien loin d'avoir ma photo sur son écran, il n'y avait pas la moindre trace de moi dans son téléphone. Il n'avait même pas pris la peine d'enregistrer mon numéro, n'ayant jamais besoin de m'appeler. Au quotidien comme pour sa carrière, j'anticipais absolument tout pour lui.

Comme quoi, la différence entre l'amour véritable et l'indifférence saute toujours aux yeux.

Nous étions sortis ensemble à la fac avant de nous marier dès la remise des diplômes.

Il rêvait de devenir pilote de course professionnel, tandis que j'aspirais à intégrer une grande école de cinéma pour devenir réalisatrice.

Deux trajectoires totalement divergentes qui n'auraient jamais dû se croiser.

Mais face à son regard désemparé, j'avais capitulé.

J'avais renoncé sans hésiter à ma bourse d'études à l'étranger pour le suivre sur les circuits, traînant de lourdes caisses à outils jour après jour.

Faute d'équipements professionnels, j'enchaînais les livraisons à vélo la nuit à travers la ville afin d'économiser sou après sou pour lui offrir les meilleures combinaisons ignifugées.

Faute d'équipe technique, j'avais appris la mécanique sur le tas, abattant à moi seule le travail de tout un stand.

Pourtant, il perdait quand même.

Sa voiture d'occasion, achetée une bouchée de pain, ne pouvait rivaliser avec les bolides dernier cri de ses concurrents.

Malgré mes efforts constants pour le soutenir dans ses périodes sombres, il m'avait violemment repoussée un jour, le regard chargé d'un dégoût que je ne lui connaissais pas :

« J'en ai marre de cette vie minable avec toi ! »

« Si j'avais choisi Cassandre à l'époque, je ne croupirais pas dans cette misère ! »

Ces paroles avaient anéanti tous mes espoirs pour l'avenir.

Je n'avais même pas eu le temps de faire le point sur toutes ces années sacrifiées avant que nous ne périssions ensemble dans cet accident de falaise.

J'avais voulu le supplier de sauver notre bébé.

Mais les mots s'étaient consumés dans ma gorge avant que le brasier ne nous engloutisse.

Puisque le destin nous avait accordé une seconde chance, nous avions chacun emprunté la voie que nous désirions.

Nous n'avions plus la moindre raison d'être en contact.

J'ai repoussé son téléphone d'un geste ferme. « Il n'y a plus rien entre nous. Tout cela est parfaitement inutile. »