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Chapitre 3 / 3 · 0 %

Renvoyée pour un cookie, j'ai laissé leur boîte faire failliteChapitre 3

Environ 4 800 signes. C’est le dernier des 3 chapitres offerts ici ; le chapitre 4 se lit dans l’application officielle.

Le lendemain, j'ai déposé ma demande de congés payés. Cela faisait huit ans que j'étais dans l'entreprise, et je n'avais pas pris un seul jour de vacances.

Quand j'ai soumis ma demande, Adrien m'a dévisagée. « Qu'est-ce que ça veut dire, Inès ? Je viens à peine d'arriver et tu veux déjà te faire la malle ? Tu fais exprès de me mettre des bâtons dans les roues ? »

« Monsieur le directeur, vous surréagissez. Sous votre direction, je suis sûre que l'équipe va faire des étincelles. Ça fait des années que je n'ai pas soufflé, je suis à bout de forces. J'ai besoin de ces congés pour me reposer et me ressourcer. Ma santé en dépend. »

Il m'a jaugée d'un regard plein de dédain. « C'est vrai que pour amuser la galerie avec les gros clients, il faut de l'énergie. Passé la trentaine, on commence à fatiguer, j'imagine. »

Ses insinuations étaient claires. Il sous-entendait que j'utilisais des méthodes peu professionnelles pour garder mes clients.

Une fois que les gens ont des préjugés, impossible de leur faire entendre raison.

Mais pour l'instant, je n'avais pas à me justifier. Adrien a fini par signer ma demande.

« N'oublie pas l'évaluation de fin de mois ! Si tes objectifs ne sont pas atteints, ton salaire de base sera amputé ! »

« Trois mois d'échec consécutifs, et tu fais tes valises ! »

« C'est noté. Ne vous en faites pas, je ne compte pas partir. »

Parce que ceux qui allaient partir, ce serait eux !

Une fois la paperasse réglée, j'ai bouclé mes affaires et j'ai commencé mes vacances. Première étape : Paris. C'était le jour de la pièce de théâtre que j'attendais tant, impossible de la rater.

Deux heures plus tard, à peine descendue du TGV, j'ai reçu un message de Maxime : « Inès, le contrat avec le Groupe Luminar est finalisé. Valérie dit que tout le mérite revient à Adrien. »

« D'ici la fin de l'année, ils vont faire pression pour qu'Adrien devienne le grand patron du département commercial. Comme ça, Valérie pourra gratter sa propre promotion ! »

« Quel culot ! Tu vas vraiment les laisser récolter les lauriers de ton travail ? »

« Pas encore. Ils n'ont pas les épaules pour ça. Attends de voir ! »

J'ai envoyé ce message avec un sourire en coin. Renouveler le contrat de Luminar n'était pas une simple affaire de restos chics.

J'ai coupé court, mis mon téléphone en silencieux, et je me suis installée dans la salle de spectacle, à seulement un mètre de la scène. J'étais surexcitée.

Mes émotions ont vibré au rythme de la pièce, passant des rires aux larmes.

Deux heures plus tard, en sortant de la salle, j'ai rallumé mon téléphone. J'avais plus d'une centaine d'appels manqués et d'innombrables messages WhatsApp.

Le plus récent venait de Valérie, envoyé quelques minutes plus tôt.

« Inès, M. Mercier du Groupe Luminar dit qu'il y a un problème avec le contrat et ils veulent se rétracter ! C'est une perte sèche de plus de 3 millions d'euros ! Prépare-toi à être licenciée ! »

J'ai ricané avant de répondre simplement : « Le dossier a été transféré à Adrien. S'il est incompétent, c'est à moi d'en porter le chapeau ? »

« Valérie, si tu veux me licencier, n'oublie pas de préparer mon chèque d'indemnités de départ. »

Après avoir envoyé ça, j'ai reglissé mon téléphone dans ma poche. Même Maxime n'arrivait pas à m'joindre.

Je me suis baladée, j'ai mangé et j'ai fait du shopping. Le flux continu de messages me permettait de suivre la situation en direct.

Après mon départ, Adrien avait décidé de « consolider la relation » avec ce client majeur. Il s'était rendu chez le Groupe Luminar les bras chargés de cadeaux.

Il était tombé sur M. Mercier qui, en apprenant qu'il était le nouveau directeur, lui avait posé quelques questions techniques pointues. Adrien avait été incapable d'aligner trois mots cohérents. Trouvant l'entreprise peu professionnelle, M. Mercier avait exigé une visite d'inspection de notre usine.

J'y avais emmené M. Mercier des dizaines de fois. Adrien, lui, n'y avait jamais mis les pieds. Manque de bol, à leur arrivée, une des machines principales venait de tomber en panne.

Adrien avait ordonné à un technicien de la réparer sur-le-champ.

Mais personne ne savait comment réparer cette nouvelle machine de haute technologie. Dès qu'il y avait un souci, c'est moi qui passais un coup de fil à mon réseau pour régler le problème.

Adrien avait profité de l'occasion pour m'accuser d'avoir délibérément saboté la machine avant de partir.

M. Mercier avait immédiatement déclaré que notre entreprise était une bande d'amateurs et qu'il refusait de signer le renouvellement.

Non seulement Adrien avait foiré le contrat à 3 millions, mais l'humiliation infligée par M. Mercier était remontée directement aux oreilles de M. Beaumont, notre président.

C'est à ce moment-là que Maxime m'a appelée. « Inès, il faut que tu reviennes ! Ils menacent d'appeler la police pour fraude et sabotage industriel ! »

Chapitre 4 · verrouillé ici

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