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Chapitre 1 / 3 · 0 %

Ma colocataire me doit mille eurosChapitre 1

Environ 6 700 signes. Chapitre 1 sur les 3 offerts ici.

Après avoir fait l'aller-retour pour rapporter les repas de ma colocataire pendant un mois entier, elle m'a tendu un billet de dix euros tout neuf.

— Ma belle, tu n'es pas au régime, toi ? Continue le mois prochain. Les allers-retours jusqu'au resto U, c'est un super cardio.

— Techniquement, vu que je t'ai évité de payer un abonnement à la salle, c'est toi qui devrais me dédommager. Mais bon, je suis sympa, garde les dix balles comme pourboire.

Je l'ai fixée, incrédule et folle de rage.

— J'ai avancé plus de mille balles pour ta bouffe ce mois-ci ! Tu me lâches dix euros et je suis censée te remercier ?

— Tu n'aurais pas payé la salle de toute façon ? a-t-elle répliqué en levant les yeux au ciel. Là, tu as eu droit à du sport gratuit, et en plus, je te donne dix balles. Tu as fait une affaire en or.

Je l'ai ignorée. Mais dès le lendemain, elle m'a renvoyé un message :

« Je t'ai envoyé ma commande pour ce midi. Traîne pas trop. »

Quand je suis rentrée dans la chambre les mains vides, elle m'a fusillée du regard.

— Elle est où, ma bouffe ?

— Je me suis renseignée, ai-je lâché froidement. Le resto U ne fait pas crédit.

Après avoir fait l'aller-retour pour rapporter les repas de ma colocataire pendant un mois entier, elle m'a tendu un billet de dix euros tout neuf.

— Ma belle, tu n'es pas au régime, toi ? Continue le mois prochain. Les allers-retours jusqu'au resto U, c'est un super cardio.

— Techniquement, vu que je t'ai évité de payer un abonnement à la salle, c'est toi qui devrais me dédommager. Mais bon, je suis sympa, garde les dix balles comme pourboire.

Je l'ai fixée, incrédule et folle de rage.

— J'ai avancé plus de mille balles pour ta bouffe ce mois-ci ! Tu me lâches dix euros et je suis censée te remercier ?

— Tu n'aurais pas payé la salle de toute façon ? a-t-elle répliqué en levant les yeux au ciel. Là, tu as eu droit à du sport gratuit, et en plus, je te donne dix balles. Tu as fait une affaire en or.

Je l'ai ignorée. Mais dès le lendemain, elle m'a renvoyé un message :

« Je t'ai envoyé ma commande pour ce midi. Traîne pas trop. »

Quand je suis rentrée dans la chambre les mains vides, elle m'a fusillée du regard.

— Elle est où, ma bouffe ?

— Je me suis renseignée, ai-je lâché froidement. Le resto U ne fait pas crédit.

Mia s'est figée, comme incapable d'assimiler mes mots. La bouche entrouverte, les yeux écarquillés.

— Tu as dit quoi, là ?

J'ai posé mon sac à dos, me suis adossée à ma chaise et j'ai répété :

— Le resto U ne fait pas crédit. Tu veux que je te ramène à manger, mais tu ne payes pas. Le personnel du crous a dit non.

— J'ai jamais dit que je ne payais pas ! s'est-elle emportée en se redressant d'un coup sur son lit, la voix grimpant d'un octave. Je t'ai pas donné dix balles, peut-être ?

— Dix. Euros. J'ai détaché chaque syllabe, tirant le billet froissé de ma poche pour l'agiter sous son nez. Mia, le mois dernier, tu m'as demandé d'aller chercher trente-sept repas. À quinze balles pièce en moyenne avec les extras, ça fait cinq cent cinquante-cinq euros. Les week-ends, tu m'as fait commander des burgers et des sushis, ce qui rajoute plus de quatre cents euros. Au total, ça fait mille trente euros. Tu as versé le moindre centime là-dedans ?

Son visage a viré à l'écarlate, ses lèvres se sont mises à trembler.

— Et là, tu me balances un pauvre billet de dix en prétendant que tu m'as fait économiser la salle de sport ?

J'ai lâché un rire froid avant de claquer le billet sur son bureau.

— Garde tes dix euros. J'en ai pas besoin. Par contre, tu me dois ces mille balles, et tu vas me les rembourser.

— Mais t'es complètement tarée, Elena ?!

Mia a balancé ses jambes hors du lit, ses claquettes heurtant violemment le sol.

— Pourquoi tu n'as pas parlé d'argent quand tu as accepté de me ramener mes plats ? Maintenant, tu te mets à compter chaque centime et à tenir les comptes ? C'est quoi ton problème ?

— J'ai seulement accepté de t'aider parce que tu prétendais avoir une cheville en vrac.

J'ai baissé les yeux vers ses jambes en parfait état.

— Ta blessure est guérie depuis une éternité, non ? Je t'ai vue courir sur la piste hier.

Elle a tressauté, rentrant d'instinct ses pieds sous le bord du lit, avant de relever le menton avec insolence.

— Et alors ? Je suis débordée. J'ai pas le droit de manquer de temps ? Qu'est-ce qu'il y a de mal à s'entraider entre colocs ? Tu es obligée d'être aussi mesquine ?

— S'entraider ?

J'ai croisé les bras, la toisant sans ciller.

— Qu'est-ce que tu as fait pour moi ce mois-ci ? Tu n'es même pas foutue de sortir tes propres poubelles, c'est moi qui m'en charge à chaque fois. La semaine dernière, quand j'avais presque quarante de fièvre et que je t'ai demandé un verre d'eau, tu m'as répondu que tu étais en pleine partie en ligne et que tu n'avais pas le temps. Tu appelles ça de l'entraide ?

Mia a ouvert et fermé la bouche, muette comme une carpe.

— T-Tu es juste une grosse radine ! a-t-elle bafouillé, les yeux embués de larmes et la voix brisée. C'est juste mille balles ! C'est si dramatique que ça ? Ta famille est blindée, t'es pas à la rue !

J'ai failli exploser de rire tellement j'étais furieuse.

Que mes parents soient à l'aise financièrement ou pas n'avait strictement rien à voir avec les mille euros que j'avais avancés pour elle.

C'était mon budget mensuel. C'était l'argent pour ma nourriture et mes dépenses personnelles.

Pourquoi devrais-je financer son train de vie simplement parce qu'elle était trop flemmarde pour poser un pied hors du lit ?

— Rembourse-moi. Je n'avais plus de salive à perdre. J'ai tendu la main, d'un ton catégorique.

Mia a fixé ma main ouverte, puis a reculé d'un pas.

— J'ai pas l'argent.

— Tu viens de t'acheter une paire de baskets de marque à douze cents balles le week-end dernier.

— C'est ma mère qui m'a donné ces sous !

— Eh bien, demande à ta mère de régler ces mille euros, dans ce cas.

— Elena, ça suffit !

Elle a hurlé si fort que tout l'étage a dû l'entendre.

— Arrête de me pousser à bout ! C'est rien qu'un millier d'euros ! Tu es obligée de me coincer comme ça ? J'ai jamais dit que j'allais pas te rendre ton fric ! Pourquoi tu me harcèles ?

Elle pleurait et criait, orchestrant un scandale qui résonnait dans tout le couloir.

Des clanches de portes ont cliqueté à côté, suivies de bruits de pas précipités.

Remarquant le public qui commençait à s'amasser dehors, Mia a redoublé d'intensité. Essuyant ses joues, elle a sangloté :

— J'aurais jamais cru que tu étais ce genre de fille... Tourner le dos à sa colocataire pour quelques centaines d'euros. On vit ensemble ! Tu avais vraiment besoin de me faire ça ?

Sa voix devenait de plus en plus forte, de plus en plus venimeuse.

Dans sa version de l'histoire, j'étais une ordure mesquine et calculatrice, et elle n'était qu'une victime sans défense.