Trahie pour une inconnue j'ai signé le divorce sans tremblerChapitre 2
Environ 5 000 signes. Chapitre 2 sur les 3 offerts ici.
C'était elle, Valentine, la cliente des messages.
Elle portait une robe jaune pâle, ses longs cheveux ondulés sur les épaules, et tenait le bras d'Adrien en lui souriant de toutes ses dents.
Adrien, lui, était en costume cintré, impeccable, les cheveux parfaitement coiffés. Dans ses mains : une corbeille de fruits et un énorme bouquet de roses rouges.
Des roses rouges.
Il débarquait dans un hôpital pour enfants avec un bouquet de roses rouges.
Je suis restée immobile au milieu du hall à les regarder discuter et rigoler en entrant dans la cabine d'ascenseur.
Pas une seule fois Adrien n'a tourné la tête dans ma direction.
Mon téléphone a vibré. Un message de sa part.
« Je suis à l'hôpital. Hugo est dans quelle chambre ? »
Je n'ai pas répondu. J'ai simplement pris l'escalier d'un pas tranquille avec mes fraises.
Quand j'ai poussé la porte de la chambre, Adrien était déjà installé.
Assis au bord du lit, il montrait une vidéo sur son téléphone à Hugo. Le panier de fruits et les roses trônaient sur la table de chevet, criants d'indécence.
En me voyant, Hugo s'est écrié joyeusement : « Maman ! Papa est venu ! Il m'a apporté des bonnes choses ! »
Adrien a levé les yeux et m'a souri.
Ce fameux sourire qu'il travaillait depuis des années. Chaleureux, poli, irréprochable.
« Tu as dû avoir une nuit difficile. Je suis venu dès que j'ai pu me libérer. Hugo va mieux, non ? »
J'ai posé les fraises, j'ai attrapé le bouquet de roses rouges sur la table de nuit, et je l'ai balancé directement dans la poubelle.
Le sourire d'Adrien s'est figé.
« Tu fais quoi, là ? »
« Un hôpital pédiatrique n'a pas besoin de roses de séduction. »
« Elles étaient pour la nièce de ma cliente. Je les ai juste montées avec moi par hasard. »
Je l'ai fixé. Il en devenait presque ridicule.
Cet homme avait tellement la flemme de mentir correctement qu'il ne prenait même plus la peine de rendre ses excuses crédibles.
« Hugo, maman va laver les fraises. » Sans lui accorder un regard de plus, je me suis enfermée dans la salle de bain.
J'ai laissé couler l'eau très fort, frottant les fruits encore et encore, le temps de ravaler les larmes de rage qui me brûlaient les yeux.
Quand je suis ressortie, Adrien était au téléphone près de la fenêtre, la voix baissée d'un ton.
« Oui, je passe chez toi ce soir... Je sais, commande ce que tu veux... Oui, je t'aime. »
Il avait murmuré ces trois derniers mots, mais je les avais parfaitement entendus.
La dernière fois qu'il m'avait dit qu'il m'aimait, c'était il y a trois ans.
J'ai pris Hugo sur mes genoux pour lui donner ses fraises, une par une, très lentement.
Adrien a raccroché, s'est approché et a voulu prendre notre fils dans ses bras. Mais Hugo s'est détourné pour se coller à moi.
« Non, je veux Maman ! »
L'expression d'Adrien s'est assombrie une seconde avant de reprendre son masque habituel.
« Il n'en a que pour toi, comme d'habitude. »
Il y avait un reproche sous-jacent dans sa voix, comme si le détachement de son fils était ma faute.
Je n'ai pas dit un mot.
Il est resté planté là un moment, puis a regardé sa montre.
« Bon, j'y vais. J'ai du travail au bureau. »
« Attends. »
Il s'est arrêté sur le pas de la porte.
« Hugo avait plus de 40°C de fièvre cette nuit. Il a pleuré, il t'a appelé six fois d'affilée. Tu n'as pas décroché une seule fois. »
« J'étais... »
« Tu as promis d'être là à la première heure ce matin. Il est quinze heures. »
« Mais je suis là, non ? »
« Pour m'apporter des roses destinées à ta maîtresse ? »
Le visage d'Adrien s'est fermé. « Célia, tu cherches les histoires ou quoi ? Je t'ai prévenue que j'avais des obligations professionnelles cruciales. C'est le plus gros compte de l'agence. Tu crois que si je la braque, on vit de quoi ? »
« Ton fils est moins important qu'une cliente ? »
« Ça n'a rien à voir ! Je me crève le dos pour cette famille ! »
« Pour cette famille ? » Je me suis levée, le regard planté dans le sien. « Ton fils était cloué au lit avec une fièvre de cheval, et toi tu passais la nuit au chevet d'une autre femme. Et tu oses dire que tu fais ça pour nous ? »
Ses yeux ont vacillé.
« Comment tu... Tu m'espionnes ? »
« Je n'ai pas de temps à perdre à t'espionner. Mais la prochaine fois, dis à ta petite cliente de se tenir à carreau. Qu'elle arrête de m'envoyer des messages pour me narguer. »
Son teint a viré au gris.
« Célia, ma relation avec Valentine est purement professionnelle. Arrête tes crises de jalousie absurdes. »
« Je ne fais pas de crise. » Je me suis rassise en serrant Hugo contre moi. « Va-t'en. Hugo a besoin de calme. »
Adrien a ouvert la bouche pour répliquer, mais il a fini par claquer la porte en partant.
Le claquement sec a fait sursauter Hugo. Il a levé les yeux vers moi, inquiet : « Maman, papa est fâché ? »
« Non mon grand. Papa est juste très occupé. »
« Mais je ne veux pas qu'il parte. Je veux qu'il reste avec moi. »
J'ai embrassé son front en silence.
Il y avait des choses qu'on ne pouvait pas expliquer à un enfant de trois ans.
Ton père ne reviendra peut-être plus jamais vivre avec nous.
Cette famille n'existe déjà plus.