Elle m'a largué dans ma propre LamborghiniChapitre 3
Environ 4 900 signes. C’est le dernier des 3 chapitres offerts ici ; le chapitre 4 se lit dans l’application officielle.
Parler de sentiments alors qu'elle venait de me trahir ? Quelle blague.
Ambre a soudain éclaté de rire en se cachant la bouche :
— Inès, tu captes pas son manège ? Il en a rien à faire de ton téléphone ! C'est juste un prétexte bidon pour que tu culpabilises et que tu restes avec lui.
Inès a esquissé un sourire supérieur :
— Ah, mais oui, je comprends mieux ! Tu crois que je vais renoncer à rompre juste pour garder un stupide portable ? Laisse-moi te rappeler un détail : je suis avec quelqu'un de riche, maintenant. Ton téléphone, je m'en fous royalement !
Elle a levé le menton avec fierté. Ambre a surenchéri :
— Grave ! Te laisse pas intimider par ce loser. J'ai regardé le prix de la Lamborghini de Maxence sur le net : elle vaut des centaines de milliers d'euros. T'acheter le dernier modèle, ce sera de l'argent de poche pour lui !
Inès a gloussé :
— Très bien, je te le rends, ton pauvre portable. Mais avant, laisse-moi passer un dernier appel. Je vais te montrer devant qui tu t'écrases.
Je me doutais qu'elle parlait de Maxence. C'était plutôt comique : quand j'avais déposé ma caisse au garage de son père, le daron se plaignait justement de ne plus pouvoir payer son loyer d'atelier.
Inès a composé le numéro, et Ambre l'a encouragée :
— Mets le haut-parleur ! Qu'il entende bien la différence entre un vrai bonhomme et un crevard !
Inès a hoché la tête, toute contente de son effet, et a activé le haut-parleur.
Dès que la tonalité s'est arrêtée, la voix d'Inès s'est faite sirupeuse et mielleuse :
— Bébé ? Mon ex est dans ma chambre, il me force à lui rendre le téléphone qu'il m'a offert… Sans téléphone, comment je vais faire pour te contacter ?
Mais au lieu des mots doux attendus, un rugissement a jailli du haut-parleur :
— ESPÈCE DE TARÉE ! Ose encore m'appeler et je te jure que je te défonce ! Si je te recroise sur le campus, je te massacre !
*Bip. Bip. Bip.* La ligne s'est coupée.
Inès et Ambre sont restées figées sur place, bouche bée.
Pendant de longues secondes, un silence de mort a régné dans la piaule.
C'est Ambre qui s'est reprise la première. Hors d'elle, elle a attrapé un livre sur son lit et me l'a jeté à la figure :
— C'est de ta faute ! T'as forcément été baver sur elle dans son dos !
Le visage d'Inès est monté en température, rouge d'humiliation et de rage :
— Mais oui ! Il m'a jamais parlé sur ce ton avant ! Qu'est-ce que tu lui as raconté sur moi, espèce de malade ? T'es répugnant !
J'ai soupiré, à bout de patience :
— J'ai pas dit un mot sur toi. Rends-moi mes affaires et j'arrache.
Inès s'est mise à hurler :
— Si t'as rien dit, pourquoi il me traite comme ça ?!
J'ai levé les yeux au ciel.
Pas besoin d'avoir fait Polytechnique pour comprendre. Ses séances photos sur mon capot avaient causé des milliers d'euros de casse. Maxence, qui avait « emprunté » la sportive de son père en douce, se retrouvait endetté jusqu'au cou. Forcément qu'il avait la haine contre elle.
Ambre a craché son venin :
— Tu vois, Inès ? C'est exactement pour ça que je t'ai dit de foncer avec Maxence. Je savais que ce type était un lâche sans couilles, capable de frapper que par-derrière. Pathétique !
Je me suis tourné vers elle :
— Ah, donc tu reconnais que tu l'as poussée à me tromper ?
Ambre a haussé les épaules d'un air dédaigneux :
— Tromper ? Arrête tes grands mots. J'ai juste aidé ma pote à sortir d'une impasse. Quelle amie digne de ce nom la laisserait gâcher sa vie avec un pauvre type comme toi ? Elle me remerciera plus tard.
Inès a croisé les bras avec impatience :
— C'est bon, prends-le, ton foutu téléphone ! Mais à une condition : tu vas t'excuser auprès de Maxence. Tu lui dis que t'as menti sur moi et tu rétablis ma réputation.
Ambre a renchéri :
— Exactement. Même si tu dois te mettre à genoux pour supplier, tu dois des excuses à Inès !
J'ai arraché le téléphone de la main d'Inès en déclarant :
— Je m'excuse pas pour des trucs que j'ai pas faits. Et c'est pas fini : je veux récupérer chaque centime que tu me dois.
Je suis entré dans la chambre, je me suis assis à son bureau et j'ai sorti un carnet pour faire les comptes : cadeaux, virements pour ses virées shopping… tout ce que j'avais avancé pendant notre relation.
Inès s'est mise à crier :
— Mes amies sont là ! T'es vraiment obligé de m'afficher comme ça ? On s'est aimés, bordel, tu peux pas me laisser un minimum de dignité ?!
Ignorant ses jérémiades, j'ai continué d'aligner les chiffres.
Ambre a dégainé son smartphone, a pris une photo de moi et a ricané :
— J'ai jamais vu un mec aussi misérable de ma vie. Je balance ça tout de suite en story pour que tout le monde voie à quel point t'es toxique.
Je croyais qu'elle bluffait, jusqu'à ce que mon propre téléphone vibre. Elle venait bel et bien de poster ma tête avec la légende :
*« Les filles, méfiez-vous des mecs fauchés. Plus ils sont pauvres, plus ils sont aigris. L'ex de ma meilleure pote est en train de la harceler dans notre chambre, trop flippant ! »*