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Chapitre 1 / 3 · 0 %

Elle m'a largué dans ma propre LamborghiniChapitre 1

Environ 4 300 signes. Chapitre 1 sur les 3 offerts ici.

J'étais en train de distribuer des flyers dans la rue quand j'ai aperçu ma copine, Inès, en train d'embrasser Maxence, le playboy du campus, dans une sportive ultra voyante. Ses vêtements étaient froissés, et la scène ne laissait aucune place au doute.

J'ai toqué à la vitre.

Maxence a jeté un œil à Inès et a demandé :

— C'est qui, lui ?

Inès, toujours blottie contre lui, a ricané :

— Juste un pauvre raté. Si tu veux, je le jette tout de suite.

Elle l'a embrassé une dernière fois, est sortie de la voiture sans même m'accorder un regard, et s'est éloignée d'un pas hautain.

Maxence s'est passé la langue sur les lèvres — là où Inès venait de poser les siennes — et m'a toisé d'un air méprisant :

— Casse-toi, mec. Une bombe pareille, c'est fait pour les vrais mecs qui ont les moyens de l'entretenir.

Je suis resté d'un calme olympien.

— Mon ex, je m'en fous complètement. Par contre, dis-moi… pourquoi t'es assis au volant de ma caisse ?

Son sourire arrogant s'est volatilisé d'un coup. Il m'a fixé, totalement dérouté :

— Qu'est-ce que tu racontes ? Ta caisse ?

J'ai tendu le bras, ouvert la boîte à gants et sorti la carte grise.

— Tu vois ça ? Il y a mon nom dessus. Alors, qu'est-ce que tu fous là-dedans ? Tu comptais me la voler ? Je préviens la police tout de suite ou tu préfères sortir ?

Le visage de Maxence est devenu écarlate. Il s'est extirpé de la bagnole en trébuchant et s'est mis à bégayer :

— Non, non, s'il te plaît, appelle pas les flics ! Mon père est proprio d'un garage auto. J'ai vu cette caisse garée à l'atelier, je l'ai trouvée trop stylée… Je l'ai juste empruntée pour faire un tour. Pitié, porte pas plainte !

J'ai haussé le ton :

— Empruntée ? Ça s'appelle un vol ! Depuis quand un garagiste prête les bolides de ses clients à son gamin pour qu'il aille faire le kéké ?

Il a baissé les yeux, penaud :

— Je suis désolé, mec… vraiment.

J'ai lâché un soupir en essayant de garder mon sang-froid :

— On va d'abord inspecter la carrosserie.

Pendant que je faisais le tour, il n'osait plus ouvrir la bouche. Et là, évidemment : un bel enfoncement sur le capot avant.

Je l'ai foudroyé du regard :

— Et ça, c'est quoi ?

En panique totale, il a tout déballé :

— C'est pas moi, je te jure ! C'est ta copine ! Elle a voulu s'asseoir sur le capot pour faire des stories et des photos Insta. Elle a tout posté sur ses réseaux, tu peux vérifier, c'est elle !

J'ai dégainé mon téléphone pour regarder son compte, mais impossible de voir ses publications.

Maxence m'a tendu son propre écran :

— Elle t'a bloqué. Regarde sur mon fil.

Effectivement, les photos étaient bien là : Inès prenant la pose de manière aguicheuse sur mon capot, avec des légendes pleines d'emojis provocants.

J'ai esquissé un sourire amer :

— Parfait. Ça me fera une excellente preuve pour l'assurance et la justice. Préparez-vous tous les deux à recevoir une assignation.

Maxence a blêmi :

— Ça… ça va coûter combien ?

J'ai haussé les épaules :

— Facilement 15 000 euros.

Sa mâchoire s'est décrochée.

— Mais c'est elle qui a tout bousillé ! Pourquoi c'est moi qui devrais payer ?

J'ai levé les yeux au ciel :

— T'as des notions de responsabilité légale ou bien ? Tu lui as filé les clés de ma bagnole sans autorisation, vous êtes complices tous les deux. J'ai bien peur que le garage de ton daron ne fasse aucun bénéfice cette année.

Le soi-disant séducteur du campus s'est littéralement effondré en larmes :

— Mais quelle c*nne ! Je lui avais pourtant dit que le capot était en fibre de carbone ! Sur ce genre de supercar, faut attendre que ça refroidisse avant de s'asseoir dessus ! Mais non, fallait absolument que Madame fasse ses photos de m*rde ! Mes parents triment jour et nuit, et moi je plonge à cause d'elle !

Je me suis installé au volant et j'ai composé le numéro d'un expert pour constater les dégâts. Je n'avais pas le temps de l'écouter chialer.

Alors que je remontais la vitre, il a couiné entre deux sanglots :

— Mais pourquoi c'est toi qui as du fric ? Inès m'a dit que t'étais juste un smicard en galère qui distribuait des prospectus dans la rue !

Je l'ai toisé :

— Je ne distribuais pas ces flyers pour un patron. Les restos et boutiques de la rue principale ? Ils sont à moi. Je faisais la promo de mes propres affaires.

Il est resté sans voix.

J'ai fermé la vitre, coupant net ses lamentations.