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Chapitre 2 / 3 · 0 %

Ma copine a installé sa famille chez moi elles vont le regretterChapitre 2

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Dès que la voisine s'est éloignée, j’ai pris une grande inspiration et j’ai cogné lourdement contre la porte.

Une femme d'une cinquantaine d'années, vêtue d’un tablier de cuisine, a ouvert. Elle m'a scruté avec une méfiance agressive. « C’est pour quoi ? »

Sa question m’a presque fait rire nerveusement. C’était pour quoi ? Mais j'étais le propriétaire légitime de cet endroit, bordel !

« Vous êtes chez vous, ici ? » ai-je demandé en ravalant la rage qui montait en moi.

« Si je ne suis pas chez moi, je suis chez vous peut-être ? » a-t-elle rétorqué, hautaine.

J'ai hoché la tête. « En fait, oui. Vous êtes exactement chez moi. » Sur ces mots, je l'ai contournée sans ménagement et je suis entré.

J'adorais le style minimaliste aux tons beiges et crème. Avant mon départ, tout était immaculé, blanc, épuré et parfaitement ordonné.

Mais là ? Mon tapis en laine beige était devenu grisâtre et crasseux. Des traces de boue maculaient le carrelage clair. Le canapé disparaissait sous des piles de linge sale en vrac, et mon fauteuil suspendu préféré avait été arraché, jeté dans un coin et recouvert de cartons de livraison éventrés.

Plus j’avançais dans l'appartement, plus ma tension grimpait.

Le sol de la cuisine était jonché d’épluchures et de détritus pourrissants, avec une flaque d'eau noirâtre et puante stagnante dans un coin. Mes poêles haut de gamme, achetées une fortune, étaient calcinées de graisse et empilées dans l'évier débordant. La cuvette des toilettes était incrustée de crasse, et ma bassine de bain de pieds contenait des sous-vêtements sales qui semblaient tremper là depuis des jours.

Je n’ai même pas osé pousser la porte de ma chambre. C’était mon sanctuaire. J'avais la certitude que si je la trouvais saccagée, j'allais perdre tout contrôle et commettre l'irréparable.

Respire. Respire calmement. Il devait y avoir une explication rationnelle.

« Non mais pour qui vous vous prenez à entrer chez les gens comme ça sans autorisation ?! »

« Vous êtes complètement malade ? Visiter l'appartement d'une inconnue comme si vous étiez chez vous ! C'est quoi votre problème ?! »

Martine — la femme d'âge mûr — m'avait suivi pas à pas. Elle a fini par exploser en gesticulant dans tous les sens.

J’ai serré les poings, puisant dans mes dernières réserves de calme. « Vous êtes absolument certaine de votre numéro d’appartement ? Vous ne vous êtes pas trompée de palier ou d'étage ? »

J'avais déjà vu des faits divers sur des gens qui s’étaient trompés de porte après de longues vacances. Je ne voyais pas comment elle avait eu les clés, mais je voulais croire à une erreur grossière.

Sauf que Martine s’est mise à hurler de plus belle.

« Qu’est-ce que vous me chantez avec votre numéro ?! C’est chez moi ici ! C’est ma fille qui me l'a acheté ! Ne croyez pas que vous allez m’intimider parce que je suis une femme d’un certain âge toute seule. Vous ne savez pas à qui vous vous frottez ! »

« Très bien. Parfait. » J’ai expiré lentement et j’ai sorti mon téléphone. La situation la dépassait, et elle me dépassait aussi. Mais la police saurait très bien quoi faire.

« Allô, le 17 ? Bonjour, je souhaite signaler une violation de domicile. Mon appartement est squatté par des inconnus. »

« Vous... vous appelez les flics ?! Espèce de malade mental ! C’est vous qui forcez ma porte et c’est vous qui osez appeler la police pour vous faire embarquer ?! »

Martine vociférait encore quand un tour de clé a retenti. La porte d'entrée s'est ouverte sur une femme d’une trentaine d’années tenant par la main un garçon d'environ sept ans. Ils se sont arrêtés net en me voyant.

« Vous êtes qui, vous ? » a aboyé la nouvelle arrivante.

J’ai lâché un rire glacial. « Je suis le propriétaire des lieux. Vous occupez illégalement mon logement et vous osez me demander qui je suis ? C’est le monde à l'envers. »

« Ah la bonne blague ! Votre appart ? On ne vous a jamais vu de notre vie ! Vous avez quoi comme preuve pour affirmer des conneries pareilles ? »

« J’ai appelé la police. Dans dix minutes, on saura exactement qui est chez qui. »

Dix minutes plus tard, deux policiers sont arrivés sur le palier. Je leur ai exposé calmement les faits avant de leur présenter sur mon téléphone mon acte de vente notarié, le titre de propriété et les factures des travaux à mon nom.

Les agents ont froncé les sourcils en vérifiant les documents officiels. Finalement, l'un d'eux s'est tourné vers les deux femmes. « Mesdames, d’après les registres officiels et ces actes légaux, ce bien appartient indiscutablement à ce monsieur. »

Les deux femmes sont devenues hystériques. « C’est impossible ! C’est ma fille qui a acheté cet appartement pour moi ! »

L'agent a marqué une pause. « Et comment s'appelle votre fille ? »

Martine a bombé le torse avec arrogance. « Ma fille, c’est Clara Vasseur. »