Ma jumelle m'a vendue au Boss, mais il n'aime que moiChapitre 3
Environ 4 000 signes. C’est le dernier des 3 chapitres offerts ici ; le chapitre 4 se lit dans l’application officielle.
Lilas a levé les yeux au ciel, pleine de mépris :
— Arrête ton ironie à deux balles. Tu es peut-être intello, tu vas peut-être faire une grande école, mais après ton diplôme, tu vas galérer à décrocher un stage payé des clopinettes. Moi, je serai mariée à un homme tellement riche qu'il pourra m'acheter tout Paris. C'est normal que tu crèves de jalousie.
Moi, jalouse ?
Oh oui, terriblement.
J'avais hâte de voir si elle sourirait encore quand elle découvrirait les délires obsessionnels de Damien.
Mes parents étaient complètement perdus face à ce revirement soudain :
— Ma chérie, tu pleurais toutes les larmes de ton corps il y a deux minutes. Pourquoi ce changement d'avis ?
Lilas a immédiatement repris son rôle de sainte :
— Maman, Papa... Je ne suis pas intelligente comme Léna. Si on l'envoie là-bas, sa vie universitaire est foutue. Je ne peux pas être aussi égoïste. Même si... même si ma vie est gâchée, au moins, Léna pourra s'occuper de vous quand vous serez vieux.
Mes parents ont été tellement touchés par son "sacrifice" qu'ils se sont jetés dans ses bras en pleurant. J'étais là, debout au milieu du salon, exclue, comme une étrangère.
Même si j'avais l'habitude, ça faisait toujours un peu mal.
Même si Lilas y allait de son plein gré, je voyais bien le ressentiment dans les yeux de mes parents. Ils m'en voulaient de ne pas avoir proposé de me sacrifier spontanément à sa place.
Pour eux, le geste de Lilas relevait du pur héroïsme, tandis que mon silence était de la lâcheté.
Dans ma vie antérieure, le jour où le boss était venu, Lilas s'était cachée dans sa chambre par peur d'être reconnue. Mes parents avaient menti en disant qu'ils n'avaient qu'une seule fille.
Cette fois, Lilas s'était réveillée avant l'aube pour se maquiller et s'habiller comme une reine, impatiente de retrouver son "futur mari milliardaire".
Mes parents, ignorants de ses véritables intentions, n'avaient pas fermé l'œil de la nuit, malades d'inquiétude.
Au matin, Lilas est entrée dans ma chambre pour me menacer :
— J'ai dit à Papa et Maman de la fermer. Pour le Boss, ils n'ont qu'une fille. Ne t'avise pas de descendre et de gâcher mon coup, compris ?
— Ne t'inquiète pas. Je n'ai aucune envie de le voir.
Mais Lilas ne me faisait pas confiance. Pour être sûre, elle m'a solidement ligotée à ma chaise de bureau avec de la corde.
Peu de temps après, un vacarme a retenti en bas.
Il était là.
Mon père tenait un petit commerce de quartier. Nous n'étions pas pauvres, mais loin d'être riches. Ce pavillon de banlieue était leur seule grosse dépense, et pour économiser sur les travaux, l'isolation phonique avait été bâclée.
J'entendais absolument tout ce qui se disait au rez-de-chaussée.
Je pensais que ma réincarnation m'aurait immunisée contre sa voix, mais dès que j'ai entendu ses premiers mots, mon souffle s'est coupé.
— Mademoiselle Lefèvre. Je vois que vous êtes prête.
Sa voix était grave, glaciale, habituée à donner des ordres. Il s'adressait à Lilas, mais l'écho de ses mots a réveillé mes pires traumatismes. Je me suis mise à trembler.
— Oui, je suis prête. Partons !
La voix de Lilas était presque chantante. Elle devait être sous le charme de son physique.
Dans ma vie passée, c'est après avoir vu le visage de Damien qu'elle avait développé cette haine viscérale contre moi, me reprochant de lui avoir "volé" un homme aussi parfait.
Damien était d'origine métisse, un mélange parfait de traits européens et asiatiques. Grand, svelte, la peau pâle, des yeux sombres et perçants... Le genre d'homme qui fait fantasmer toutes les lectrices de romans.
Comme dans ma vie passée, Damien a laissé un énorme chèque de compensation à mes parents. Une somme astronomique qui a immédiatement fait briller les yeux de mon père.
Je priais pour qu'ils s'en aillent vite, pour que ce cauchemar s'éloigne de moi pour toujours.
Soudain, la voix de Damien a résonné :
— C'est bien votre fille unique ?
Mon cœur a raté un battement. Est-ce qu'il avait posé cette question la première fois ?