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Chapitre 2 / 3 · 0 %

Elle a annulé notre mariage pour son ex, aujourd'hui elle me supplie à genouxChapitre 2

Environ 6 600 signes. Chapitre 2 sur les 3 offerts ici.

J'ai pris un taxi pour me rendre au bureau afin de finaliser ma démission.

Mais la responsable des RH n'a même pas daigné lever les yeux de son écran.

« La PDG, Léna, n'a pas encore validé ta démission. »

« Repasse la semaine prochaine. »

J'ai composé le numéro de Léna, mais je suis tombé directement sur sa messagerie vocale.

Personne n'a décroché.

Je savais que lorsqu'elle était avec Maxime, mon numéro était toujours en mode silencieux.

J'aurais dû la forcer à signer ma démission avant de quitter l'appartement.

Je me suis retourné pour partir.

Derrière moi, plusieurs collègues ont commencé à bavarder à voix haute, sans même chercher à se cacher.

« C'est lui ? »

« Le mec qui s'est mis à genoux en public pour réclamer de l'argent quand la patronne a annulé le mariage pour Maxime ? »

« Quelle honte. »

« J'ai entendu dire qu'il n'avait pas touché un centime. »

« Si j'étais Léna, il y a longtemps que je l'aurais bloqué. Quel pot de colle. »

Je n'ai pas ralenti le pas.

J'avais déjà trop entendu ce genre d'insultes.

Soudain, mon téléphone a vibré.

C'était une photo envoyée par Maxime sur Snapchat.

La poubelle de leur cuisine était remplie à ras bord de mes cartes de vœux si durement récoltées.

Elles étaient trempées de café, de crème et de restes de nourriture. Un spectacle pitoyable.

J'ai immédiatement reconnu l'écriture sur certaines d'entre elles.

Certaines portaient l'écriture tremblante de personnes âgées.

D'autres, les gribouillis maladroits d'enfants.

Et il y avait la toute dernière — celle que mon père avait supplié une gentille vieille dame d'écrire dans le train.

Dix mille vœux.

Il m'avait fallu un an entier pour les rassembler.

Et maintenant, ils pourrissaient dans une poubelle.

Juste après la photo, un autre message est apparu.

*J'ai dit un mot, et Léna a tout jeté.*

*J'ai entendu dire que tu avais supplié pendant un an pour avoir ça ? Pathétique.*

*Qu'est-ce que ça peut bien faire que vous ayez été ensemble pendant sept ans ?*

*J'ai dit "Et si on se mariait", et elle a immédiatement remplacé ton nom par le mien sur les invitations.*

*Là, elle est en train de me décortiquer des homards.*

*Tu veux venir voir ?*

*Je t'ai gardé une place dans notre carré VIP.*

J'ai fixé l'écran pendant un long moment.

Si cela avait été l'ancien moi, j'aurais accouru comme un fou.

Je me serais menti à moi-même.

*La photo est fausse.*

*Les messages sont faux.*

*Tout ce qu'il dit est un mensonge.*

Mais désormais, la seule chose que je voulais, c'était sa signature sur ma lettre de démission.

Pour couper définitivement tout lien avec eux.

Une demi-heure plus tard, je suis arrivé au restaurant.

Alors que je m'apprêtais à monter à l'étage, j'ai entendu une dispute éclater dans la cage d'escalier.

« Léna, tu as perdu la tête ou quoi ?! »

C'était la voix de sa meilleure amie, Inès.

« Maxime t'a larguée trois fois ! »

« La première fois pour partir à l'étranger, la deuxième il t'a trompée, et la troisième il a embrassé quelqu'un d'autre en public juste pour te faire rager ! »

« Et tu annules ton propre mariage pour un mec pareil ? »

« Mathis est avec toi depuis sept ans ! Il a failli mourir en te protégeant dans cet accident de voiture ! Tu as un cœur, à la fin ? »

Je me suis figé.

Mes doigts ont effleuré instinctivement la cicatrice irrégulière qui barrait mon sourcil.

Un an auparavant, lors d'un voyage d'affaires, nous avions été pris dans un carambolage.

Lorsqu'un camion hors de contrôle avait percuté notre véhicule, je m'étais jeté sur Léna pour lui faire un rempart de mon corps.

Des éclats de pare-brise m'avaient lacéré le visage.

J'avais eu plus d'une douzaine de fractures et on m'avait posé des plaques métalliques dans le corps.

Cette cicatrice au sourcil ne s'effacerait jamais.

Plus tard, la rumeur au bureau disait que je m'étais fait cela lors d'une bagarre de rue.

Elle n'avait jamais rétabli la vérité. Pas une seule fois.

La seconde suivante, la voix calme de Léna a résonné dans l'escalier.

« C'est à cause de cet accident. »

« Son regard a changé. »

« Il ne ressemble plus à Maxime. »

Je suis resté pétrifié.

Inès semblait ne pas en croire ses oreilles.

« Alors... »

« Tu t'es juste servie de Mathis comme d'une doublure ? »

« Pas étonnant que tu aies repoussé le mariage sans arrêt. »

« Toutes ces histoires de "dix mille vœux d'inconnus" et de "tests de fidélité", ce n'étaient que des excuses ! »

« Tu n'as jamais eu l'intention de l'épouser ! »

Après un moment de silence, Léna a répondu doucement.

« Je l'admets. »

« Quand j'ai rencontré Mathis pour la première fois, il portait un masque chirurgical. »

« Dès que j'ai vu ses yeux, j'ai cru que Maxime était revenu. »

« Et puis... »

« Je n'ai pas pu le laisser partir. »

« Mais maintenant que le vrai Maxime est de retour, »

« je dois tourner la page. »

La voix d'Inès tremblait de colère.

« Donc, les sept années de dévouement de Mathis n'ont été qu'un pansement pour soigner ton chagrin d'amour ? »

Léna a gardé le silence quelques secondes.

Puis elle a lâché d'un ton neutre : « Donne-moi juste deux jours de plus. »

« Une fois que Maxime sera totalement rassuré sur mes sentiments, je retournerai épouser Mathis. »

« De toute façon... »

« Il ne peut pas vivre sans moi. »

« C'est moi qui lui ai donné son travail. »

« C'est moi qui ai acheté son appartement. »

« Sans moi, il n'a absolument rien. »

Je suis resté là, un sourire amer se dessinant sur mes lèvres.

Voilà donc la vérité.

Quand j'étais au plus bas et qu'elle m'avait tendu la main, ce n'était ni par amour ni par pitié.

C'était uniquement parce que mes yeux ressemblaient à ceux de Maxime.

Pas étonnant qu'elle soit devenue de plus en plus froide après que mon visage a été abîmé dans cet accident.

Ce n'était pas parce que ses sentiments s'étaient émoussés.

C'était parce que sa « doublure » ne ressemblait plus à l'original.

J'ai pris une grande inspiration et j'ai poussé la porte du salon privé.

À l'intérieur, l'ambiance était digne d'une fête de victoire.

« Embrasse-la ! »

« Embrasse-la ! »

Sous les acclamations de la foule, Léna a rougi et s'est penchée pour embrasser Maxime.

La pièce a éclaté en applaudissements.

Mais soudain, un silence de mort s'est installé.

Léna a lentement rouvert les yeux et m'a aperçu, debout sur le pas de la porte.

Elle est devenue livide en un instant.

« Mathis... »

Elle s'est levée brusquement.

« Ce n'est pas ce que tu crois. »

Je l'ai regardée. Pour la première fois, j'ai senti que toute explication serait une perte de temps.

J'ai sorti ma lettre de démission de mon sac et l'ai fait glisser sur la table, juste devant elle.

« Signe ça. »

« Et une dernière chose. »

« C'est officiellement fini entre nous. »

La pièce est retombée dans un silence glacial.