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Chapitre 2 / 3 · 0 %

Mon aura de chance vous a enrichis, mon départ va vous détruireChapitre 2

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Je ne disais pas ça pour me vanter. Depuis tout petit, je trimballais cette chance insolente. Dès que j'étais là, la famille cartonnait.

Depuis que mon aura s'était réveillée, la petite boîte d'Arthur qui coulait s'était soudainement mise à décoller, faisant de lui un grand PDG multimillionnaire. Victoire, qui était sur le point de se faire virer, avait grimpé tous les échelons jusqu'à devenir une prof de danse ultra-réputée chez les stars.

Grâce à ma chance, Brandon passait pour un petit génie des maths, et Camille était encensée comme une prodige de la danse.

Je portais tout le monde à bout de bras dans cette baraque, mais on me traitait comme un parasite. Et maintenant, ils m'abandonnaient sans le moindre scrupule.

L'aîné, c'est la fierté ; le petit dernier, c'est le bébé gâté ; et l'enfant du milieu n'est qu'un punching-ball invisible. Le syndrome classique.

J'étais toujours l'intrus. De trop.

Dans leur monde, il n'y avait tout simplement pas de place pour moi.

Je me souviens encore de notre enfance. Quand Brandon gagnait un concours de maths, Arthur lui payait un setup de gaming à dix mille balles sans sourciller. Quand Camille montait sur scène, Victoire débarquait avec d'immenses bouquets de fleurs, le regard brillant de fierté.

Et moi ? J'alignais les meilleures notes de ma promo, je ramenais des trophées d'excellence chaque année. Tout ce que je récoltais en retour, c'étaient des moqueries méprisantes.

Victoire ne levait même pas les yeux de son écran : « Arrête de perdre ton temps avec ces bêtises. Qui sait si tu n'as pas triché juste pour te rendre intéressant. »

Arthur déchirait mes diplômes en mille morceaux : « Tu crois que ton bout de papier va nous nourrir ? Ça rapporte du fric, ça ? Tu cherches juste à copier Brandon pour gratter des cadeaux, pas vrai ? Arrête de nous taper la honte. »

Tous mes efforts, toutes mes réussites ne valaient rien à leurs yeux. Juste des ordures bonnes à piétiner.

Le pire, c'est qu'ils « oubliaient » constamment de me donner de l'argent pour manger le midi, alors que les comptes de Brandon et Camille étaient toujours blindés à temps, souvent avec des bonus.

Arthur brassait des millions et Victoire était une star dans son milieu, mais leur fils cadet crevait presque de faim. Quelle ironie tragique.

Sur le parvis du tribunal, quand ils m'ont entendu parler de mon aura de chance, ils ont éclaté de rire.

Arthur a ricané : « Une aura de chance ? Toi ? Tu mérites rien du tout ! Si ma boîte cartonne, c'est uniquement grâce à mon boulot ! Ça n'a strictement rien à voir avec un déchet dans ton genre ! »

Victoire a levé les yeux au ciel : « Raconter des mythos pareils juste pour attirer l'attention... Tu essaies de t'attribuer le mérite de nos efforts. Tu es pourri jusqu'à la moelle. Dieu merci, on ne t'a pas choisi. »

Brandon m'a fusillé du regard, débordant d'arrogance : « Nathan ! Comment tu oses porter la poisse à notre famille ? Tu me dégoûtes ! »

Camille m'a toisé avec un dédain absolu : « Pas étonnant que papa et maman te détestent. Tu sais juste faire des caprices parce que t'es nul. Regarde-toi un peu. »

Face à leurs insultes, je n'ai plus dit un mot. Ils allaient pleurer bien assez tôt.

Je suis parti sans même repasser chez eux pour faire mes valises.

De toute façon, je n'avais jamais eu ma place dans cette maison. Je dormais dans un débarras minuscule sous l'escalier et je portais les vieilles fringues délavées de Brandon.

Le bac et les examens d'entrée n'étaient que dans quelques jours. C'était ma seule porte de sortie, mon unique chance de m'en sortir. Il fallait que je donne tout, absolument tout. Sinon, j'étais foutu.

Mais dès que j'ai commencé à vivre seul, j'ai été stupéfait par ce qui m'arrivait : j'étais complètement métamorphosé. Mon esprit n'avait jamais été aussi affûté. Même les annales de révision les plus infaisables me paraissaient évidentes.

En achetant des tickets à gratter dans un bureau de tabac, j'ai même enchaîné les gains et ramassé plusieurs milliers d'euros d'affilée.

Une évidence m'a alors frappé : « Maintenant que j'ai coupé les ponts avec eux, mon aura de chance veille enfin sur MOI. Parce que ma famille, désormais, c'est moi. »

Cette révélation m'a rendu euphorique. La roue du destin tournait enfin en ma faveur.