Ma peau pour sa sœur Adieu, mon mari dévotChapitre 2
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— Je t'aime tellement...
Ces mots chuchotés ont transpercé mon cœur déjà en miettes comme une lame rouillée. Mes larmes ont fini par couler. J'ai tourné les talons et je suis partie sans me retourner.
Le lendemain matin, à mon réveil, Tristan était déjà habillé et prêt à partir. Il portait un costume noir sur mesure qui accentuait sa silhouette haute et athlétique. Son chapelet était enroulé autour de son poignet, comme si l'homme hors de contrôle de la veille n'avait été qu'une illusion.
Alors qu'il s'apprêtait à franchir la porte de la villa, je l'ai interpellé.
— Attends !
— J'ai une réunion importante aujourd'hui, a-t-il dit sans même se retourner, d'une voix froide comme la glace. Ne m'importune pas.
Ces mots ont achevé de briser mes dernières illusions. À ses yeux, je n'étais qu'un parasite agaçant. J'ai eu un rire amer.
— Tu te méprends. J'ai juste besoin des clés de ta Maybach. Prends une autre voiture dans le garage, je préfère conduire celle-ci aujourd'hui.
Tristan s'est enfin tourné vers moi, le regard toujours aussi distant.
— Tu vas quelque part d'important ?
J'ai hoché la tête.
— Oui.
— Pour quoi faire ?
J'ai glissé ma main dans la poche de sa veste pour attraper les clés, puis j'ai esquissé un léger sourire.
— Pour faire quelque chose... qui va te rendre très heureux.
*Pour te débarrasser de moi à tout jamais.* Je n'ai pas prononcé ces mots à voix haute. Je suis montée en voiture et j'ai roulé directement jusqu'au consulat d'Allemagne.
La demande de résidence permanente pour l'Allemagne n'était qu'une formalité, surtout avec l'influence de ma famille. Nos entreprises avaient été délocalisées là-bas depuis des années. Mes parents et Bastien y vivaient désormais, et je n'étais restée ici que pour Tristan. Maintenant, c'était mon tour de partir.
— Le traitement du dossier prendra environ une semaine, m'a dit l'employée avec un sourire.
J'ai hoché la tête, récupéré mon reçu et suis sortie. C'était enfin fini. Tristan de Grailly, l'homme que j'avais poursuivi pendant six ans, l'héritier inaccessible que je pensais pouvoir apprivoiser, ne m'appartiendrait jamais.
J'avais tant sacrifié pour lui : j'avais arrêté la viande, adopté son mode de vie austère, et j'avais étouffé ma personnalité pétillante. Tout ça pour me rapprocher de lui. Mais au final, je n'avais même pas effleuré le quart de son cœur.
Je fixais le reçu dans ma main avec un sourire triste.
— Tant pis pour toi, Tristan. Si tu ne m'aimes pas, d'autres le feront.
Le soir même, j'ai retrouvé mes amies dans un club privé ultra-branché. Je n'avais pas mis les pieds dans un tel endroit depuis mon mariage. Ce soir-là, je portais une robe noire moulante à fines bretelles, dévoilant mes jambes dorées. Mon regard avait retrouvé l'audace que j'avais si longtemps réprimée.
— Inès, mais qu'est-ce qui te prend ? a demandé Manon, ma meilleure amie, en m'attrapant le bras, les yeux écarquillés. Depuis que tu es love de ton milliardaire coincé, tu ne jurais que par les soirées tisane-méditation !
J'ai souri en buvant une gorgée de mon cocktail.
— Oublie-le. Ce soir, je m'éclate.
Je me suis élancée sur la piste de danse, bougeant mon corps au rythme de la basse, me sentant enfin libre. Mon regard a croisé celui d'un danseur canon. J'ai glissé mes doigts sur ses abdos en riant.
— Inès, tu es devenue folle ? m'a crié Manon en me tirant par le bras. Tu danses de manière hyper sexy avec ces mecs... Tu n'as pas peur que Tristan l'apprenne et pète un câble ?
— Il n'est pas là.
— Si, justement...
Manon a hésité, puis s'est approchée de mon oreille :
— Je voulais te le dire depuis tout à l'heure : Tristan est installé dans le carré VIP au fond. Et il te fixe depuis une éternité !
Mes doigts se sont figés. J'ai lentement levé les yeux. À travers les jeux de lumière, je l'ai repéré immédiatement. Tristan de Grailly, en costume noir, détonnait complètement au milieu du chaos de la boîte de nuit. Assis dans un canapé d'angle, ses longs doigts posés sur son verre de thé glacé, il me fixait intensément.
Soudain, la musique s'est coupée pour une transition. J'ai entendu un des potes de Tristan se moquer de lui :
— Dis donc, Tristan, ta femme danse comme une furie avec d'autres mecs sous tes yeux. Si c'était la mienne, je serais déjà en train de tout casser. Comment tu fais pour rester aussi calme ?
L'expression de Tristan n'a pas bougé d'un poil. Il a bu une gorgée de son verre d'un ton imperturbable.
— Elle connaît ses limites. Elle ne ferait rien de déplacé.
Ses mots ont été comme une flèche empoisonnée en plein cœur. *Je connais mes limites ?* Était-il si sûr de mon amour qu'il me pensait incapable d'aller voir ailleurs ? Ou alors... s'en foutait-il royalement ? Sûrement un peu des deux.
— Putain, ton détachement me fascinera toujours. Je me demande s'il y a un seul truc sur Terre capable de te faire réagir...
Au milieu de sa phrase, le pote de Tristan a soudain haussé le ton :
— Hé, Tristan, tu vas où comme ça ?
J'ai levé les yeux instinctivement. Tristan venait de se lever brusquement, son regard braqué sur l'autre côté de la piste de danse. Ses yeux, d'ordinaire si froids, brulaient d'une jalousie féroce. J'ai suivi son regard.
Sans surprise, Léna était là, vêtue d'une robe blanche angélique, en train d'échanger son contact avec un homme. Tristan a traversé la piste d'un pas rageur, a attrapé le poignet de Léna et a glacé l'ambiance :
— Qui t'a permis de venir ici ? Et de donner ton numéro à ce type ?
Léna a sursauté, les larmes lui montant instantanément aux yeux.