Mon fils n'est pas le tien, 25 ans d'une vengeance parfaiteChapitre 1
Environ 3 000 signes. Chapitre 1 sur les 3 offerts ici.
Ma femme et moi avions du mal à concevoir, alors nous nous sommes tournés vers la PMA.
Juste avant la fécondation des embryons en laboratoire, j'ai découvert qu'elle s'apprêtait à remplacer discrètement mon sperme par celui de son premier amour.
Je n'ai pas fait de scandale. J'ai simplement remis mes propres gamètes à leur place.
Puis, j'en ai profité pour remplacer ses ovocytes par ceux de mon ex-fiancée.
Vingt-cinq ans plus tard, son premier amour a débarqué chez moi pour revendiquer mon fils :
« Mon garçon, c'est moi, ton vrai père ! »
De retour d'une longue mission médicale à l'étranger avec mon fils Maxence, la scène qui nous attendait dans le grand salon familial nous a laissés sans voix.
Une foule de cousins et d'oncles éloignés, d'ordinaire invisibles, remplissait la pièce. On aurait dit une assemblée générale de crise du clan Delcourt.
Mais le spectacle le plus écœurant restait celui de Tristan. Assis sur le canapé, les yeux rougis par des larmes d'émotion feinte, il se faisait tendrement cajoler par ma « charmante » épouse, Daphné.
J'ai haussé un sourcil, posé ma valise contre un meuble et fixé Daphné :
— Quelle est la raison de cette petite réunion de famille improvisée ?
Derrière moi, Maxence gardait les bras croisés, toisant Tristan avec un dégoût à peine voilé. Intelligent comme il était, il avait déjà fait le rapprochement sur l'identité du type.
Ma belle-mère régnait au bout de la table, l'air contrarié et le regard hésitant.
Avant même que Daphné n'ouvre la bouche, Tristan s'est précipité vers Maxence, le visage baigné de larmes théâtrales :
— Mon garçon... c'est moi, ton vrai père !
Maxence s'est immédiatement écarté d'un pas vif, le fixant comme s'il s'agissait d'un déchet toxique :
— Mon seul père s'appelle Adrien.
Ce gamin était résolument de mon côté.
J'ai posé une main rassurante sur l'épaule de Maxence, avant d'abattre mon poing sur la mâchoire de Tristan. Le craquement sec a résonné dans tout le salon.
— Arrête tes conneries et ne t'invente pas des liens avec mon fils, ai-je lâché d'une voix glaciale.
Daphné a bondi pour relever son amant, le doigt pointé sur moi, hystérique :
— Adrien, tu as perdu la tête ?! Comment oses-tu le frapper !
Elle a levé la main pour me gifler, mais Maxence s'est interposé à une vitesse fulgurante et lui a asséné une claque magistrale en retour.
— N'ose même pas toucher à mon père, a ordonné Maxence, d'un ton d'un calme tranchant.
Pétrifiée, Daphné bouillait de rage. Elle a voulu répliquer, mais Tristan l'a retenue par le bras, sanglotant pour la galerie :
— Daphné, non, ne le frappe pas... C'est notre fils !
Cette comédie paternelle me donnait presque envie de rire.
Daphné a baissé la main, foudroyant Maxence du regard :
— Si ton vrai père n'était pas là pour te protéger, je t'apprendrais le respect !
Maxence a ricané :
— J'aimerais bien voir ça, tiens.
Cette lueur féroce dans ses yeux me rappelait ma propre jeunesse. Intérieurement, je savourais l'instant. Il était bien le fils que j'avais élevé.