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Chapitre 3 / 3 · 0 %

Mon père s'est sacrifié pour lui, aujourd'hui je coupe les pontsChapitre 3

Environ 5 200 signes. C’est le dernier des 3 chapitres offerts ici ; le chapitre 4 se lit dans l’application officielle.

Après le petit-déjeuner, Nathalie m'a emmenée chez le notaire pour signer rapidement l'acte de transfert de propriété.

En voyant mon nom écrit sur le document officiel, j'ai enfin respiré.

J'ai glissé l'acte dans mon sac, j'ai fini de boucler mes valises, puis j'ai regardé les bibelots sur mon étagère.

C'étaient tous des cadeaux d'Alexandre.

Je les ai rassemblés un par un, je les ai mis dans un carton que j'ai scotché, puis je me suis dirigée vers le grenier pour l'y entreposer.

En sortant de ma chambre, je suis tombée sur Alexandre.

En voyant le carton dans mes bras, il a froncé les sourcils. « C'est quoi, ça ? »

« Juste des vieux trucs dont je ne me sers plus. Je les monte au grenier. »

« Laisse, je vais le faire. »

Sans un mot, il m'a arraché le carton des mains et s'est dirigé vers les escaliers du grenier.

Je n'ai eu d'autre choix que de le suivre.

« Manon, pourquoi tu ne veux pas venir à la soirée ? Tu boudes encore pour des vieilles histoires du lycée ? Tout ça, c'est du passé ! »

« Camille est de retour de l'étranger. C'est l'occasion de tous se retrouver ! »

Je me suis arrêtée net.

Alors, Camille était de retour. Je comprenais mieux pourquoi Alexandre insistait autant pour que je vienne.

« Je t'ai dit que je ne venais pas. Alexandre, si tu as toujours des sentiments pour elle, c'est ton problème. Ne m'utilise pas comme alibi ! »

« Je ne suis pas ton jouet, et je n'ai aucune intention de te manipuler. »

« Et pour que ce soit bien clair : tu ne me dois absolument rien ! »

Le visage d'Alexandre est devenu livide. « Toi ! »

Je lui ai arraché le carton des mains, je l'ai posé dans un coin du grenier et j'ai fait demi-tour.

De rage, Alexandre a donné un violent coup de pied dans le carton avant de s'enfuir en tempêtant.

Pendant deux jours, j'ai continué à trier mes affaires. Alexandre n'est pas rentré à la maison, et Philippe était en voyage d'affaires.

Voyant que j'étais sérieuse, Nathalie m'a aidée à emballer plusieurs colis que j'ai envoyés par la poste.

Le jour de mon départ, Nathalie a fait mine d'avoir de la peine. Elle a levé les yeux vers l'étage. « Mais qu'est-ce qu'il fabrique encore, ce garçon ? »

« C'est bon, Nathalie. Il est occupé avec son travail, ne le dérangez pas. Je peux me débrouiller seule. Prenez soin de vous ! »

J'ai attrapé ma valise. Juste avant de franchir le portail, j'ai envoyé un message sur WhatsApp à Alexandre : « Adieu, Alexandre. »

Il n'a pas répondu, et je m'en fichais. J'ai quitté la maison et je suis allée directement à la gare pour entamer mon long voyage.

Ce soir-là, alors que j'étais installée dans le train de nuit, j'ai vu qu'il m'avait ajoutée à un groupe WhatsApp de notre ancienne classe. À la seconde où j'ai rejoint le groupe, Camille et les autres ont commencé à bombarder le chat de photos.

Sur l'une d'elles, elle et Alexandre étaient assis l'un à côté de l'autre, leurs doigts entrelacés.

Camille avait écrit : « Le monde est petit ! Trop heureuse de tous vous revoir ! »

Les anciens camarades se sont empressés de commenter.

« Vous êtes ensemble ? Félicitations ! »

« Vous formez vraiment le couple parfait ! C'est pour quand le mariage ? »

« Manon n'est pas venue ce soir ? Elle est jalouse ? Si vous êtes ensemble, qu'est-ce qu'on fait de Manon ? » a demandé quelqu'un en mentionnant Alexandre.

Après un long moment, Alexandre a fini par répondre : « On s'en fout. De toute façon, elle ne représente rien pour moi ! »

En lisant ces mots, je pouvais presque voir son visage arrogant et méprisant. Je me suis souvenue de l'époque du lycée, quand il s'était battu pour moi, quand il avait chassé mes harceleurs et qu'il m'avait doucement caressé les cheveux.

« Manon, tu es à moi. Je te protégerai toute ma vie. »

« Manon, tu habites chez moi depuis si longtemps, tu y resteras pour toujours. »

J'avais été si naïve à l'époque. « Comment je pourrais rester pour toujours ? J'aurai ma propre famille un jour. »

Mais Alexandre m'avait attrapé le poignet avec force. « Pas question. Tu sais ce qu'on dit, quand quelqu'un te sauve la vie, tu lui appartiens pour toujours. Tu ne peux épouser que moi, et on aura notre propre famille ! »

Ses mots m'avaient fait rougir de honte et de bonheur. Je croyais que c'était une promesse. Aujourd'hui, je réalise que ce n'était qu'une blague passagère.

Il n'y avait que moi pour y croire.

Sur le groupe, les félicitations continuaient de pleuvoir. Et chaque fois que quelqu'un prononçait mon prénom, Alexandre en profitait pour me descendre.

« Ne me parlez pas d'elle. Je ne lui dois rien. Elle a été logée et nourrie chez moi pendant des années. La dette de son père est largement payée ! »

Camille a même ajouté un emoji ironique. « Grave, Alexandre a sa propre vie. Elle ne va pas le séquestrer non plus, si ? »

J'ai laissé échapper un rire amer et j'ai tapé un message :

« Si mon père n'était pas mort, je n'aurais jamais eu besoin de vivre comme une mendiante chez vous. C'est toi, Alexandre, qui m'as privée de ma famille. »

« Si je pouvais remonter le temps, je retiendrais mon père de toutes mes forces et je lui hurlerais de te laisser te noyer ! »

J'ai cliqué sur envoyer, puis j'ai immédiatement quitté le groupe et je les ai tous bloqués.

Adieu, Alexandre. Pour toujours.

Chapitre 4 · verrouillé ici

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