Mon ex a choisi son meilleur ami séropositif, le retour du karmaChapitre 1
Environ 5 300 signes. Chapitre 1 sur les 3 offerts ici.
Quand le meilleur ami de ma copine a été admis dans notre hôpital, il a été diagnostiqué séropositif.
Dès que j'ai prévenu ma petite amie, elle a cru que j'inventais tout. Non seulement elle m'a giflé en plein visage, mais elle a aussi payé des trolls sur les réseaux sociaux pour me détruire, m'accusant d'avoir causé la mort d'un patient par négligence.
J'ai subi un cyberharcèlement d'une violence inouïe. Plus tard, elle et son ami sont allés jusqu'à me brûler vif.
Je n'oublierai jamais ses dernières paroles alors que les flammes me dévoraient : « Tu mérites de crever pour avoir essayé de me séparer de Bastien ! »
Quand j'ai rouvert les yeux, j'étais revenu au jour exact de son diagnostic.
Cette fois, je n'ai pas dit un mot. Après tout, si elle l'aime à ce point, elle n'a qu'à tout accepter de lui.
« Qu'est-ce qu'il a, Bastien ? Accouche, bon sang ! »
La voix agacée de Célia m'a arraché à mes pensées.
J'ai fixé son visage impatient, puis j'ai regardé autour de moi. J'étais assis dans mon bureau à l'hôpital. J'avais réellement remonté le temps.
Même le ciel refusait de me laisser mourir d'une manière aussi absurde.
« Mais pourquoi tu bloques comme ça ? Ça fait dix fois que je te pose la question ! » s'est emportée Célia en me bousculant l'épaule.
J'ai repris mes esprits et j'ai baissé les yeux sur le bilan sanguin de Bastien posé sur la table.
Comme dans ma vie précédente, le test VIH était positif.
Bastien était son meilleur ami d'enfance, et ils étaient fusionnels.
Dans mon autre vie, ce jour-là, il avait eu un accident de voiture et avait atterri en urgence dans mon service. Célia était morte d'inquiétude.
En découvrant sa maladie, j'avais longuement hésité avant de décider de tout lui révéler.
Mais elle ne m'avait pas cru une seule seconde et m'avait violemment giflé.
« Je sais très bien que tu ne supportes pas que je sois proche de Bastien ! m'avait-elle crié. Mais il y a des limites ! Tu es médecin, tu n'as pas le droit d'inventer des maladies graves à tes patients juste par jalousie ! »
J'avais eu beau me justifier, elle n'avait rien voulu entendre.
Légalement parlant, je n'avais aucun droit de lui révéler son dossier médical. Le secret professionnel me l'interdisait formellement.
Mais par peur qu'elle soit contaminée, j'avais trahi mes devoirs pour la protéger.
J'étais loin de me douter que ce geste d'amour signerait mon arrêt de mort.
Cette fois-ci, hors de question de reproduire la même erreur.
« Rien de grave. Quelques contusions légères. Quelques jours d'observation et il pourra rentrer », ai-je répondu calmement.
En entendant ça, Célia a poussé un soupir de soulagement. « Tant mieux. »
Mais la seconde d'après, son agressivité reprenait le dessus : « Tu pouvais pas le dire plus tôt ? Tu m'as fait une de ces peurs ! »
« Mathieu, je te préviens : Bastien est mon meilleur ami. Ne t'avise pas de lui faire un coup tordu. »
Je lui ai adressé un sourire poli. « Ne t'inquiète pas, je n'en ferai rien. »
Dès qu'elle est sortie, un de mes collègues est entré et m'a tapoté l'épaule.
« Dis donc, docteur, tu n'as pas dit à ta copine que son pote a le sida ? Je viens de la voir lui donner à manger à la petite cuillère dans sa chambre. »
« Le secret médical est strict, ai-je répliqué d'un ton neutre. Un médecin ne doit jamais divulguer l'état d'un patient à des tiers sans son accord. »
Mon collègue m'a regardé, bouche bée. « Mais enfin, c'est ta meuf ! »
« C'était ma meuf. Plus maintenant », ai-je lâché.
Je n'oublierai jamais l'enfer qu'elle m'a fait vivre.
Dans ma vie passée, persuadée que j'avais calomnié Bastien par jalousie, elle s'était mise à me snober et avait déserté notre appartement.
Peu après, des rumeurs avaient commencé à circuler sur les réseaux sociaux. On disait que j'avais causé la mort d'un patient par pure incompétence. On me traitait d'assassin en blouse blanche.
Prise de panique face au lynchage médiatique, la direction de l'hôpital m'avait immédiatement suspendu.
C'est à ce moment-là que Célia était venue me narguer.
« C'est moi qui ai tout balancé sur Internet, m'avait-elle avoué, le sourire aux lèvres. J'ai payé une agence pour bousiller ta réputation. C'est le prix à payer pour avoir prétendu que Bastien avait le sida ! »
Mon monde s'était effondré.
« Célia, tu es ma fiancée ! Tu viens d'anéantir toute ma carrière ! » avais-je hurlé, détruit.
« Et alors ? avait-elle craché en me fixant avec dégoût. Bastien compte plus que tout pour moi. Personne n'a le droit de salir son nom, pas même toi ! »
Ce jour-là, mon amour pour elle était mort.
J'avais rompu et j'avais fait mes valises.
J'étais parti m'installer dans une autre ville, seul. Mais sa mère n'arrêtait pas de me harceler au téléphone pour que je revienne épouser sa fille. J'avais catégoriquement refusé.
Très vite, Célia m'avait rappelé, folle de rage : « Tu as osé monter mes parents contre moi ? Tu veux vraiment m'empêcher de vivre avec Bastien ? Tu vas le regretter ! »
La dernière fois que je l'avais vue, c'était la nuit où mon domicile s'était embrasé. Par la fenêtre, je l'avais vue, elle et Bastien, en train d'asperger le pas de ma porte avec de l'essence.
Elle m'avait crié : « Tu mérites de crever pour avoir voulu nous séparer ! »
La douleur atroce d'avoir brûlé vif était encore gravée dans ma chair.
Célia, dans cette vie, tu ne seras plus jamais mon bourreau.