Mon mari m'a assassinée pour sa maîtresse cette fois, c'est moi qui tire les ficellesChapitre 3
Environ 3 900 signes. C’est le dernier des 3 chapitres offerts ici ; le chapitre 4 se lit dans l’application officielle.
Le visage de Julien s'est décomposé. « Hors... hors de question ! »
Évidemment. Il n'allait pas prendre le risque de se faire cocufier sous son propre toit.
Au bout du compte, exactement comme dans ma vie antérieure, Julien a insisté pour installer Léane dans la chambre d'amis du premier étage, juste à côté de notre suite parentale. Son excuse ? La chambre était déjà prête et elle ne voulait pas déranger.
Quel dévouement admirable.
Quelle idiote j'avais été de gober ses mensonges la première fois. Je la prenais pour une pauvre petite provinciale sans repères.
La réalité m'avait infligé une gifle magistrale. J'avais été totalement aveugle.
Le soir même, Julien m'a apporté une tasse de lait chaud. Je l'ai fixée sans y toucher.
« Mon cœur, je ne bois jamais de lait chaud avant de dormir. »
Dans ma vie passée, dès l'arrivée de Léane, il avait instauré ce petit rituel nocturne sous prétexte de m'aider à trouver le sommeil.
À l'époque, je trouvais ça touchant. Aujourd'hui, je savais pertinemment qu'il y glissait des somnifères.
Julien a semblé déstabilisé par mon refus. Son regard fuyait dans tous les sens, incapable de soutenir le mien.
J'ai insisté : « Pourquoi cette soudaine obsession pour mon sommeil ? »
Mal à l'aise, il m'a fourré la tasse dans les mains avant de dégainer son téléphone pour faire semblant de traiter des mails urgents.
« J'ai juste lu un article médical qui disait que c'était excellent pour la santé, ma puce. Je prends juste soin de toi. »
Son jeu était tellement pitoyable que j'avais presque honte pour lui.
J'ai souri, je l'ai remercié, et dès qu'il a tourné le dos, j'ai vidé le contenu de la tasse dans le lavabo de la salle de bain.
Au milieu de la nuit, je suis restée parfaitement éveillée.
Alors que je commençais à me demander si je ne me faisais pas des idées, Julien a murmuré mon prénom :
« Éléonore ? Éléonore... »
Constatant mon immobilité, il s'est glissé hors du lit avec la discrétion d'un voleur et a quitté la chambre sur la pointe des pieds.
Quelques secondes plus tard, la porte de la chambre d'amis s'ouvrait dans un grincement feutré.
Après quelques bruits étouffés, le couloir est retombé dans un silence de mort.
J'ai sorti mon téléphone et j'ai lancé l'application reliée à la micro-caméra que j'avais fait installer discrètement dans la chambre d'amis un peu plus tôt dans l'après-midi.
Sans surprise : à peine la porte franchie, Julien s'était jeté sur Léane.
Ils s'embrassaient avec frénésie tout en s'arrachant leurs vêtements. Un spectacle écœurant.
J'ai sauvegardé l'enregistrement avec un sourire glacial, puis j'ai envoyé un SMS express à Maxence.
Peu après, des bruits de pas se sont fait entendre sur le palier. J'ai tendu l'oreille.
Julien tentait de regagner discrètement notre chambre.
Mais avant même que sa main n'atteigne la poignée, la voix tonitruante de Maxence a résonné depuis la cage d'escalier.
« Oh là ! Julien ! J'allais juste pisser un coup, j'ai cru voir un fantôme ! Qu'est-ce que tu fabriques à sortir de la chambre de Léane en caleçon à une heure pareille ? »
Le timbre perçant de Maxence a brisé le calme de la nuit. J'ai étouffé un fou rire dans mon oreiller.
Son jeu était magistral. Après cette histoire, j'allais sérieusement lui payer une entrée dans une grande agence de comédiens.
Pris sur le fait, Julien a sifflé entre ses dents : « Je vérifiais juste si Léane ne manquait de rien ! Qu'est-ce que tu fous au premier étage ? Redescends immédiatement, crétin ! Si tu réveilles Éléonore, je te jure que tu vas le regretter ! »
Maxence a haussé les épaules en haussant le ton exprès : « Eh ben dis donc, Éléonore a un mari drôlement attentionné avec sa cousine ! Je me demande pourquoi personne n'est venu voir si mon lit était douillet, à moi ! »
Julien est devenu livide.
Il a poussé la porte de notre chambre pour me trouver assise sur le matelas, l'air éveillé. « Él-Éléonore... tu ne dors pas ? »