Ma femme jouait les veuves à l’enterrement de mon meilleur amiChapitre 1
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Je me suis rendu aux obsèques de la mère de mon meilleur ami, pour y découvrir… ma propre femme. Celle-là même qui était censée être en déplacement professionnel à l'étranger.
Elle se tenait à ses côtés, accueillant les condoléances des invités comme si elle était sa propre épouse.
Quand son regard a croisé le mien, la panique s'est peinte sur son visage. Elle m'a aussitôt tiré dans un coin isolé et m'a murmuré :
« La mère d'Alex voulait tellement le voir casé avant de partir. Je lui rends juste service pour réaliser son dernier souhait. Ne te fais pas des films, Maxime. »
Mon « meilleur ami » a même osé poser une main sur mon épaule.
« J'avais juste besoin qu'Inès m'aide à jouer le jeu, mon frère. Respecte la mémoire des morts. Tu n'es pas mesquin à ce point, quand même ? »
J'ai ricané, j'ai dégagé sa main d'un geste sec, et j'ai poussé ma femme directement contre son torse.
« Mais bien sûr que non. D'ailleurs, pourquoi ne pas fêter le mariage en même temps que l'enterrement aujourd'hui ? »
Le hall est tombé dans un silence de plomb. Les invités autour de nous, ne comprenant rien à ce qui se passait, se sont tournés pour nous dévisager.
Inès m'a fixé, les yeux écarquillés d'incrédulité. « Maxime, mais tu t'entends parler ? Ce sont les obsèques de la mère d'Alex ! Comment peux-tu être aussi irrespectueux ? »
Moi ? Irrespectueux ?
J'ai failli éclater de rire.
Il y a deux jours à peine, elle m'affirmait qu'elle partait en séminaire urgent. C'est moi qui ai bouclé sa valise.
Si je n'étais pas venu présenter mes condoléances aujourd'hui, je n'aurais jamais su que son « séminaire » consistait à jouer la maîtresse de maison chez mon meilleur pote.
Pas étonnant qu'elle ait catégoriquement refusé que je la dépose à l'aéroport l'autre matin.
Toute cette histoire n'était qu'un tissu de mensonges. Et elle avait encore le culot de me reprocher un manque de respect ?
Face à mon silence glacial, Inès a sans doute compris qu'elle était allée trop loin. Elle s'est approchée pour m'agripper le bras.
« Maxime, s'il te plaît, ne fais pas d'histoire. On en parlera à la maison. Mais là, tout de suite, il faut respecter la défunte. Alex est ton meilleur ami. On lui rend juste service. Ce n'est pas comme si ça te faisait du mal. »
Ah, bien sûr. Ça ne me faisait aucun mal.
Même s'ils couchaient dans le même lit ce soir, mon corps ne sentirait rien, n'est-ce pas ?
J'ai violemment repoussé sa main. J'avais le cœur gelé.
J'ai plongé mes yeux dans son regard suppliant et j'ai articulé, détachant chaque mot : « Je te le demande une dernière fois. Tu rentres avec moi maintenant, oui ou non ? »
Inès a secoué la tête sans la moindre hésitation.
« La cérémonie vient à peine de commencer. Comment veux-tu que je parte ? »
J'ai hoché la tête. Parfait. Si c'était son choix, c'en était fini de nous.
« Je vais demander à mon avocat de préparer les papiers du divorce et de te les envoyer. Je vous souhaite une longue et belle vie ensemble. »
Sur ces mots, j'ai tourné les talons. Alex s'est empressé de me rattraper.
Dans son costume noir, les yeux rougis, il m'a regardé avec un air de tragédie pure.
« Je suis tellement désolé, Maxime. Je sais que j'ai mal agi. Mais c'était une urgence, je n'ai pas eu le temps de t'en parler. Ne le prends pas mal, s'il te plaît. »
« Si tu veux en vouloir à quelqu'un, en-veux-moi à moi. Inès n'y est pour rien. »
Inès a froncé les sourcils, agacée, avant de marmonner :
« Pourquoi tu perds ton temps à lui expliquer ? Tu crois vraiment qu'il va te croire ? »
« Être jaloux de son propre meilleur ami... non mais franchement, il n'y a que toi pour faire ça. »
Elle a saisi le bras d'Alex pour le tirer vers l'intérieur.
« Laisse-le tomber. Rentrons. »
En les regardant jouer cette comédie, j'avais presque envie d'applaudir.
Alors comme ça, c'était moi le grand méchant dans l'histoire ?
Mes yeux se sont attardés sur la main d'Inès agrippée au bras d'Alex, et une marée de souvenirs m'a submergé.
Par exemple : j'ai toujours détesté les fruits de mer, mais Alex en raffole. La spécialité culinaire d'Inès ? La paëlla royale aux fruits de mer.
Elle en préparait toujours des portions gigantesques, me disant qu'il ne fallait pas gâcher et me demandant d'inviter Alex à dîner.
À l'époque, je pensais naïvement qu'elle était simplement attentionnée. Je n'avais pas compris à quel point j'étais stupide.
Assez bête pour faire entrer le loup dans la bergerie et lui servir ma femme sur un plateau d'argent.
Chaque fois que je partais en déplacement, Alex me répétait qu'il veillerait sur Inès à ma place.
« La femme d'un frère, c'est comme ma propre sœur. Dis-moi si elle a besoin de quoi que ce soit », me disait-il.
Mais la voyait-il vraiment comme une « sœur » ?
Ils formaient déjà un couple, et je n'étais que le pigeon de service !
Alex a tapoté la main d'Inès et s'est de nouveau planté devant moi.
Il a fait une courbette ridicule. « Je suis sincèrement désolé, Maxime. J'ai manqué de jugeote. Si ça te met mal à l'aise, je rentre tout de suite pour rétablir la vérité devant tout le monde. »
« Même si ça doit perturber le repos de ma mère, je refuse de faire ça à mon meilleur pote ! »
Il prononçait les bons mots, mais je ne lisais pas l'ombre d'un remords dans ses yeux.
« Très bien, vas-y. On te regarde. »