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Elle m'a laissé mourir pour son amour de jeunesseChapitre 1

Environ 4 600 signes. Chapitre 1 sur les 3 offerts ici.

Le jour de mon enlèvement, mes ravisseurs ont appelé ma fiancée depuis cinq ans pour exiger une rançon de cinquante mille euros.

Mais au bout du fil, elle a juste poussé un soupir agacé :

« Tristan, tu sais très bien que je n'ai pas cet argent. Je viens de prêter nos cinquante mille euros d'économies à Dorian. »

Ma fiancée prétendait venir d'un milieu misérable. Pourtant, elle n'avait pas hésité une seule seconde à vider notre compte commun pour voler au secours de son amour de jeunesse.

Ce n'est qu'après ma mort, alors que mon esprit flottait à ses côtés, que j'ai découvert la vérité : elle était en réalité l'unique héritière d'un empire financier pesant plusieurs milliards d'euros.

Elle a raccroché au nez des ravisseurs avant d'éclater de rire au milieu de ses amis friqués.

« Tristan est devenu complètement fou. Il s'imagine vraiment que je vais gober son faux enlèvement juste pour attirer mon attention ? »

Mais lorsque mon cadavre atrocement mutilé s'est retrouvé sous ses yeux, elle a totalement perdu la tête.

* * *

La lame glacée s'est enfoncée droit dans mon cœur. Curieusement, la douleur a presque été un soulagement.

Personne ne pouvait imaginer l'enfer que j'avais vécu pendant mes dernières heures.

Ils s'étaient servis de couteaux pour m'entailler la peau, centimètre par centimètre, regardant mon sang couler sur le béton froid. Des tortionnaires méthodiques. Chaque coupure était calculée pour maximiser ma souffrance sans me tuer tout de suite.

Puis, le coup fatal est venu mettre fin à mon calvaire.

Quand j'ai rouvert les yeux, je me trouvais au milieu d'un salon VIP ultra-luxueux. La musique assourdissante et les basses me vrillaient le crâne.

J'ai regardé autour de moi, incapable de comprendre pourquoi mon âme flottait ici.

Puis mon regard s'est posé sur Camille.

Elle était assise au beau milieu de la banquette, blottie confortablement dans les bras de Dorian.

Dorian lui caressait doucement les cheveux. Elle ne s'est pas écartée. Elle a simplement appuyé sa tête contre son épaule, détendue et souriante.

Ils formaient un couple parfait. Une vision qui m'a transpercé la poitrine bien plus violemment que n'importe quelle arme.

Je me suis précipité pour l'arracher à lui, mais mes mains ont traversé son corps. Le vide absolu.

Camille et Dorian portaient des vêtements de grands couturiers. Autour d'eux, les invités rivalisaient de flatteries et de sourires obséquieux.

Pourtant, Camille m'avait juré que la famille de Dorian était au bord de la faillite. N'était-ce pas pour cette raison qu'elle me suppliait de lui donner toutes nos économies ?

Mais en voyant ce salon privé, les bouteilles de champagne millésimé et cette arrogance naturelle qui émanait d'eux...

Rien, absolument rien, ne ressemblait à des gens aux abois.

Mon esprit s'est brouillé. Les dernières paroles de mes bourreaux ont résonné dans ma tête :

*« Franchement, ce pauvre type fait pitié. Qu'est-ce que cinquante mille balles pour une héritière comme Camille Delacroix ? Et pourtant, elle ne lâcherait pas un centime pour lui sauver la peau. »*

*« Elle et monsieur Dorian forment le couple idéal. Pour qui ce déchet se prenait-il ? »*

Je me suis rappelé la salive dégoûtante qu'un des types m'avait crachée au visage.

Avant de fermer les yeux pour toujours, j'avais presque trouvé ça absurde. Je m'étais dit qu'ils s'étaient trompés de cible, qu'il s'agissait d'une homonyme.

Parce que dans mon monde, Camille était une orpheline modeste, une fille réservée qui luttait au jour le jour pour s'en sortir.

Comment aurait-elle pu être liée à la plus grande dynastie de la haute bourgeoisie ?

Et pourtant, elle était là.

Elle levait sa coupe de champagne pendant que tout le monde portait un toast en son honneur. Son statut de reine de la soirée crevait les yeux.

J'ai fixé son visage. Je cherchais désespérément la moindre différence entre cette femme sophistiquée et ma Camille.

Rien.

C'était bien elle. La femme que j'aimais depuis cinq ans. Ma fiancée, celle qui m'avait promis de m'épouser.

L'appel téléphonique des ravisseurs m'est revenu en mémoire.

Ils réclamaient cinquante mille euros.

Elle avait juste répondu d'une voix glaciale et blasée :

« Dorian traverse une passe difficile. Je lui ai déjà donné les cinquante mille euros. Tes caprices ne marchent plus sur moi, Tristan. Je n'ai plus un rond pour toi. »

Le ravisseur avait ricané :

« Mademoiselle Delacroix, si vous ne payez pas, Tristan Vaneau est mort d'ici une heure. »

« Alors qu'il crève. »

Ce furent les derniers mots que j'entendis de sa bouche avant que mon cœur ne cesse de battre.

Et comme elle l'avait souhaité, j'étais mort.