Le jour de mon mariage, j'ai diffusé l'infidélité de mon fiancé en directChapitre 2
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Il y a vingt et un jours, j'étais tout aussi calme.
La boutique de mariée se trouvait au quatrième étage d'un centre commercial chic du centre-ville, une enseigne appelée *WEISS*. Leurs modèles commençaient à trois mille euros.
Cet après-midi-là, à quatorze heures, j'essayais ma troisième robe.
Dans le miroir en pied, je pouvais à peine respirer tellement le corset était serré. La traîne en dentelle blanche s'étirait sur deux mètres.
Léa était à l'extérieur pour m'aider à choisir les accessoires. Elle m'avait dit qu'elle allait demander un voile plus long à la vendeuse.
J'étais dans la cabine, luttant pour atteindre la fermeture Éclair dans mon dos. N'y arrivant pas, j'ai poussé doucement la porte pour l'appeler.
C'est là que j'ai entendu sa voix.
Dissimulée derrière une rangée de portants de vêtements, le dos tourné vers moi, le téléphone collé à l'oreille.
« Ouais... elle est en train d'essayer. Franchement, elle est super moche dedans. »
Elle a lâché un petit rire étouffé.
« Elle a tellement grossi du bide, elle ne s'en rend même pas compte. J'ai presque de la peine pour elle, j'ose rien lui dire. »
Je suis restée immobile derrière le portant, sans faire un bruit.
« Allez, bisous. Choisis le resto pour ce soir, je te rejoins dès que j'ai fini de faire la boniche pour son shopping. »
Elle a raccroché. Je suis retournée en douceur dans ma cabine et j'ai tiré le rideau.
Mon cœur cognait contre ma poitrine comme un tambour.
Ma première réaction n'a pas été la colère, mais une immense confusion.
À qui parlait-elle ?
Trois minutes plus tard, Léa est revenue avec un voile brodé.
« Clara ! Regarde-moi ça, il est magnifique ! »
Je l'ai pris en lui souriant.
« Tu étais passée où ? »
« Juste à l'accueil pour demander le voile à la vendeuse. »
Ses yeux ne trahissaient pas la moindre émotion. Je n'ai pas insisté.
Mais le soir même, en rentrant à la maison, j'ai ouvert pour la première fois les relevés de compte de la carte bancaire secondaire de Julien.
C'était une carte rattachée à mon compte personnel. Il l'utilisait pour ses frais professionnels, et les factures arrivaient chaque mois sur ma boîte mail. Je ne les avais jamais lues.
Cette nuit-là, j'ai épluché six mois d'historique de transactions.
J'ai trouvé trois virements et paiements suspect.
Un de 43 000 euros, libellé « Collier ».
Un de 27 000 euros, libellé « Hôtel ».
Un de 120 000 euros, libellé « Bague ».
La bague à 120 000 euros correspondait exactement au montant que Léa venait de mentionner dans les haut-parleurs.
À ce moment-là, assise sur le canapé du salon, le visage éclairé par la seule lueur de mon écran.
Dehors, le bruit des voitures défilait par vagues.
J'ai soudain réalisé que depuis trois ans, je jouais dans une pièce de théâtre.
Et j'étais la seule à ne pas avoir eu le scénario.