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Chapitre 2 / 3 · 0 %

Mon voisin squattait mon garage je l'ai enfermé avec ses dix millionsChapitre 2

Environ 4 000 signes. Chapitre 2 sur les 3 offerts ici.

Assise devant la baie vitrée de ma chambre d’hôtel à Manhattan, une coupe de champagne à la main, je regardais l'écran de mon téléphone.

L'application de sécurité affichait en direct le flux vidéo de mon garage.

Avant de partir, j’avais fait installer discrètement plusieurs caméras haute définition couvrant le moindre recoin.

Sur l'écran, l'Audi de Julien trônait toujours confortablement au milieu.

Mieux encore : plusieurs cartons remplis de luminaires invendus de son atelier étaient désormais empilés dans un coin.

À cet instant précis, Sabrina, sa femme, est entrée dans le champ en dandinant, portant un carton énorme.

Elle l'a balancé sur l’étagère du haut, avant d’essuyer la poussière d'un revers de manche, inspectant les lieux avec l’aplomb d'une propriétaire.

Elle parlait au téléphone. Grâce au micro sensible, sa voix résonnait clairement dans mes écouteurs :

« Julien m'a dit que la gamine d'à côté est une vraie serpillière. Elle dit jamais rien. On peut utiliser le garage comme on veut. De toute façon, son vieux rideau pourri ne ferme plus, autant en profiter à fond. »

J’ai savouré une gorgée de champagne avec un plaisir infini.

Parfait. La proie marchait droit dans la fosse, pendant que j’étais à des milliers de kilomètres.

Au cours des semaines suivantes, j’ai regardé mon box se transformer en entrepôt sauvage comme on regarde une émission de téléréalité.

D'abord des cartons d'appliques murales. Puis des bobines de câbles, des pots de peinture à moitié vides.

Ils ont fini par y entasser le vieux bureau et la tour d'ordinateur de leur gamin.

Mes quelques tuyaux brisés avaient été dégagés d'un coup de pied dans le recoin le plus sombre, couverts d’une épaisse couche de poussière.

J'ai même vu Julien guider deux de ses employés pour faire rentrer de force un vieux congélateur rouillé au milieu du bazar.

L'avidité n'a aucune limite.

Il m'a suffi de creuser le trou à distance. Je n'ai même pas eu besoin de le pousser pour qu'il plonge tête la première.

Mon séjour touchait à sa fin. Le timing était parfait.

Depuis mon hôtel, j’ai appelé l’entreprise d'installation de fermetures domotiques que j'avais sélectionnée.

« Bonjour. Concernant la commande validée, vous pouvez intervenir dès aujourd’hui », ai-je indiqué.

« J’ai tout spécifié par mail. Si un voisin vous pose des questions, dites simplement qu'il s'agit d'une intervention programmée à distance par la propriétaire. Pas besoin de bavarder. »

« Bien reçu, madame Miller. Une fois le rideau motorisé en place, le contrôle complet sera basculé sur votre smartphone. »

Le jour J, j’ai tout suivi en direct sur l’écran.

L’équipe de pros a été ultra-rapide. L’ancien rideau défoncé a été retiré, et le nouveau modèle blindé, gris anthracite, a été monté à la perfection.

Un équipement haut de gamme, quasi silencieux.

Le raffut a évidemment fait sortir Julien.

On le voyait tourner autour de la nouvelle porte, l’œil hésitant entre l’étonnement et une pointe de réjouissance sournoise.

Il a tenté d'engager la conversation avec le technicien.

« Dites, la petite est rentrée ? Pourquoi elle répare ça d'un coup ? »

L’ouvrier n’a même pas levé les yeux, récitant exactement ce que j’avais demandé.

« Aucune idée. On exécute la commande. Ordre de la propriétaire géré à distance. »

« Ah... » Julien a hoché la tête. Il a caressé le métal lisse et a marmonné entre ses dents : « Bon, au moins c'est plus sécurisé pour mon stock. De toute façon, elle n'est pas près de revenir. »

Il ne se doutait pas une seconde que cette porte blindée, censée protéger ses petites affaires, allait devenir son pire cauchemar.

Une fois les ouvriers partis, j’ai ouvert la notification sur mon téléphone.

J'ai effleuré l'écran du bout du doigt.

Le rideau s’est levé sans un bruit, puis est redescendu.

Un verrouillage automatique a émis un déclic métallique impeccable, confirmé par une alerte sur l’application.

Je lui avais laissé une porte qui fonctionnait. Une dernière chance de vider les lieux.

Mais son avarice l'en a empêché.