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Chapitre 1 / 3 · 0 %

Tu baisses mon salaire, je coule ta boîteChapitre 1

Environ 5 400 signes. Chapitre 1 sur les 3 offerts ici.

J’étais en déplacement et je venais de décrocher un contrat de cent millions d’euros. Avant même de pouvoir annoncer la bonne nouvelle à mon équipe, j’ai reçu un e-mail. Les RH m’envoyaient un avenant de réduction de salaire.

« Liam, en tant que directeur commercial, tu dois montrer l’exemple. L’entreprise traverse une mauvaise passe, alors nous réduisons les salaires des cadres intermédiaires de 30 % ! »

J’ai refusé sur-le-champ. Mais, à mon retour au bureau, mon badge ne fonctionnait plus. On avait supprimé mes autorisations d’accès et bloqué tous mes comptes professionnels.

Ah, c’était comme ça qu’on voulait jouer ?

Très bien. J’allais offrir à cette boîte un aller simple pour la faillite !

Si les affaires allaient si mal, à quoi bon rester ouverts ?

En découvrant l’avis de réduction de salaire envoyé par les RH, je suis resté sidéré. Après avoir vérifié qu’il ne s’agissait pas d’une mauvaise blague, j’ai répondu directement à l’e-mail : « Refusé. »

Quelques minutes plus tard, mon téléphone a sonné. C’était mon patron, Arthur Sterling. « Liam, tu es un ancien de la maison. Tu dois montrer l’exemple. Le marché est difficile en ce moment, et l’entreprise souffre. »

« Cette baisse de salaire doit simplement nous permettre de passer le cap. Fais preuve de compréhension ! »

« Je comprends, Arthur, mais je refuse. Pendant ce déplacement, je viens de… »

Avant que je puisse terminer, Arthur s’est emporté et m’a coupé la parole. « Liam ! Ce n’est pas parce que tu as un peu de talent que tu peux tout te permettre ! C’est cette entreprise qui t’a donné les moyens de réussir. Maintenant, c’est à toi de nous soutenir ! »

Malgré ses hurlements dans le combiné, j’ai gardé une voix parfaitement neutre. « Je n’accepte pas cette baisse de salaire. »

« Très bien ! Tu vas voir ! »

Il m’a raccroché au nez. J’ai baissé les yeux vers le contrat signé que je tenais entre les mains et je suis resté pensif.

Puis j’ai ouvert WhatsApp pour prendre des nouvelles auprès d’un collègue de confiance.

« Liam, ils obligent tout le monde à signer. Arthur était fou de rage à l’instant. Il a dit que tu refusais de coopérer et qu’il allait commencer par toi pour faire un exemple ! Il faut que tu reviennes vite ! »

Après avoir lu le message de Chris, un membre de mon équipe, je me suis connecté à ma messagerie pour sauvegarder toutes les preuves de mon travail. J’ai réglé les derniers détails de mon projet et réservé le premier vol disponible.

Quand je suis revenu au bureau, c’était déjà le lendemain après-midi.

Dans le hall, le lecteur de reconnaissance faciale ne m’a pas reconnu. J’ai essayé mon badge, mais il avait été désactivé. Impossible de passer le portique.

J’ai appelé Chris. Il est descendu me faire entrer et m’a glissé à voix basse : « Arthur a demandé aux RH de désactiver ton badge. Il a dit que tu refusais la baisse de salaire et que tu ne coopérais pas. Fais gaffe, Liam. Il va vraiment te faire vivre un enfer ! »

« Il n’oserait pas. Je rentre d’un déplacement crucial. S’en prendre à moi maintenant, ce serait complètement idiot. »

« Va savoir s’il n’a pas perdu la tête. Les RH ont déjà commencé à convoquer les gens pour des “petites discussions” ! »

« Franchement, Arthur nous étouffe. Il aurait au moins pu réduire un peu moins les salaires ! »

Un peu moins ? Certainement pas. Les 30 % qu’il comptait prélever sur mon salaire étaient exactement ce qu’il lui fallait pour financer le train de vie de sa maîtresse à Paris.

Si je n’avais pas vu de mes propres yeux sa maîtresse étaler sa grossesse et ses achats de luxe sur Instagram, j’aurais peut-être cru aux difficultés de l’entreprise.

Quand je suis entré dans le service, mes collègues m’ont lancé des regards indéchiffrables. Chris a filé aux toilettes pour éviter qu’on le surprenne en train de me parler.

Je me suis installé à mon bureau pour enregistrer le nouveau contrat dans le système, mais impossible de me connecter.

J’ai saisi plusieurs fois mon mot de passe. L’écran affichait toujours : « Accès refusé. »

J’avais compris.

Ils m’empêchaient d’accéder aux locaux et à mes outils de travail pour me forcer à accepter leur baisse de salaire.

Très bien. On allait discuter.

J’ai tapoté la pochette contenant le contrat de cent millions dans mon sac, puis je me suis levé pour rejoindre le bureau d’Arthur. Avant même que j’ouvre la bouche, il a ricané. « Liam, tu te crois tellement intelligent. Un génie comme toi est bien trop important pour ma petite entreprise ! »

« Arthur, qu’est-ce que ça veut dire ? »

« Tu es en absence injustifiée depuis plus de trois jours. Conformément au règlement intérieur, tu es licencié ! »

« Inutile de te justifier. Prends tes affaires et dégage ! »

Mon sang n’a fait qu’un tour. « En absence injustifiée ? J’étais en déplacement professionnel ! »

Arthur m’a adressé un sourire suffisant et condescendant. « En déplacement ? Où sont les preuves ? Où est le contrat ? Tu n’as rien. Comment comptes-tu prouver que tu travaillais ? »

J’ai plongé la main dans mon sac pour sortir le contrat, puis je me suis arrêté net.

Arthur voulait d’abord récupérer le contrat, avant de me jeter comme un déchet. Il comptait m’exploiter jusqu’à la dernière goutte.

Pas question.

« Pas de preuve, donc tu te tournais les pouces. Liam, tu es viré. Sors de mon bureau. Tout de suite ! »

Il a pointé la porte du doigt, visiblement ravi de lui.

« Arthur, tu es absolument certain de vouloir que je parte ? »